Bruxelles, 26/06/2009 (Agence Europe) - Les ministres de l'Environnement des 27 ont confirmé, jeudi 25 à Luxembourg, les grands axes de la position européenne dans les négociations climatiques internationales et la détermination de l'UE à conserver son rôle moteur pour permettre le succès de la conférence onusienne de Copenhague en décembre prochain, sous présidence suédoise.
Le sujet, abordé au déjeuner, a permis à Ladislav Miko, président tchèque sortant, d'informer ses collègues des progrès enregistrés à Mexico, lors du Forum des Économies majeures où s'est dessiné un accord sur l'objectif de réduire de 50% les émissions mondiales à l'horizon 2050 et sur l'engagement du Mexique
- pays émergent - à contribuer à l'effort collectif en reprenant à son propre compte cet objectif à long terme. L'échange de vues a également offert l'occasion à Andreas Carlgren, ministre suédois de l'Environnement, de s'attarder sur cette priorité de l'imminente Présidence suédoise, résolue à mettre les bouchées doubles pendant son mandat de six mois pour œuvrer, dans un calendrier très serré et en étroite collaboration avec la Commission, à la conclusion d'un accord mondial ambitieux à Copenhague. Dès la semaine prochaine, le comité des représentants permanents devrait se pencher sur le programme de travail jusqu'à Copenhague.
Commentant cet échange de vues devant la presse à la clôture de la session, Ladislav Miko, a déclaré: « Nous nous trouvons dans une phase de préparation de la conférence de Copenhague. Je crois que les efforts consentis aujourd'hui donnent une bonne base à la Présidence suédoise. Je lui souhaite plein succès, et nous mettrons tout en œuvre pour continuer à lui prêter main forte. À la fin de la session, j'ai d'ailleurs remis le témoin à la Présidence suédoise, comme symbole de la course de relais dans laquelle nous sommes engagés et dont l'issue sera, je l'espère, une réussite à la conférence de Copenhague ».
Andreas Carlgren a ajouté: « Nous avons des conclusions solides sur le climat qui nous servent de base dans nos efforts de négociation ». Et de préciser que le changement climatique est l'une des priorités de l'agenda environnemental de la Présidence suédoise qui débutera le 1er juillet. « C'est là un message que j'ai transmis à mes collègues. Nous voulons vraiment aboutir à un résultat ambitieux, exhaustif, à un accord qui soit un véritable succès. Il n'y a pas de plan B. Nous devons réussir, et c'est bien notre intention ».
Devant les ministres comme devant la presse, M. Carlgren a souligné qu'une réduction de 30% des émissions à l'horizon 2020 par rapport à 1990, c'est l'objectif européen « mais il n'est pas inconditionnel. Nous attendons de la part des autres pays qu'ils s'engagent eux aussi sur des efforts suffisants, et comparables ». Passer d'un objectif unilatéral de -20% à -30% - offre la plus ambitieuse actuellement sur la table de la part des pays industrialisés - est, selon lui, « l'instrument le plus important de l'UE » à utiliser comme « levier » pour inciter les autres pays industrialisés à s'engager sur des efforts comparables en étant à l'écoute de ce que disent les scientifiques. Or, pour l'heure, « les pays industrialisés, en tant que groupe, sont loin du compte », a-t-il rappelé. Des pays émergents, l'UE continuera d'exiger qu'ils prennent leur part dans la réponse au défi global du changement climatique en réduisant leurs émissions de 15% à 30% par rapport à un scénario sans efforts. Et toutes les occasions seront saisies par la Présidence suédoise pour parler du climat, lors des sommets avec les pays tiers (États-Unis, Russie, Chine, Inde, Afrique du Sud, Brésil et Ukraine).
Le Conseil informel Environnement des 24 et 25 juillet à Are fournira une occasion aux ministres de l'Environnement des 27 de faire le point sur les résultats des réunions du Sommet du G8 et du Forum des Économies majeures de juillet. « D'autres formations du Conseil -et le Conseil Écofin n'est pas des moindres- contribueront aussi à ce processus, mais c'est lors du Conseil Environnement du 23 octobre que je prévois un mandat clair sur la manière dont l'UE doit procéder dans les négociations. Le Sommet européen des 29 et 30 octobre traitera de touts les aspects des négociations, et nous n'hésiterons pas à convoquer des sessions extraordinaires, si nécessaire », a averti M. Carlgren.
En guise de contribution au débat, la délégation française a remis aux autres délégations un mémorandum écrit sur une vision d'un accord de Copenhague mondial, « ambitieux et équilibré » qui assure la continuité avec les engagements souscrits au titre du Protocole de Kyoto pour 2008-2012, qui intègre l'ensemble des flux de carbone, y compris des aspects peu ou pas traités par le Protocole (gestion durable des forêts, lutte contre la déforestation et dégradation forestière, utilisation des sols, adaptation, émissions aériennes et maritimes) et qui prendrait la forme d'un nouveau protocole à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques. « Ce mémorandum est notre vision idéale de ce que doit être l'accord. L'objectif est rassembler dans un document tous les sujets qui nous semblent cruciaux et de servir de boîte à idées pour la Présidence suédoise », a déclaré à la presse Chantal Jouanno, secrétaire d'État à l'Écologie. Résumant les lignes de force de l'échange de vues, elle a cité deux points: « On ne peut se permettre un échec à Copenhague », et « il faut partir des données scientifiques ». (A.N.)