Bruxelles, 27/05/2009 (Agence Europe) - Le prochain Conseil Transports (11 juin) devrait donner à la Commission un mandat de négociation en vue de la conclusion d'un accord aérien global avec la Géorgie qui permettrait à cette dernière d'être pleinement intégrée dans le marché unique européen du transport aérien. Préconisé par la Commission européenne en janvier 2009 dans sa communication sur le développement d'un espace aérien commun avec la Géorgie), l'accord devrait être analogue à ceux qui ont déjà été signés avec les pays des Balkans occidentaux et avec le Maroc (EUROPE n° 9326) et en cours de négociation avec l'Ukraine, la Jordanie, Israël, le Liban et la Tunisie. Il correspond aussi aux objectifs que s'est fixés la Commission de créer d'ici 2010 un espace aérien commun avec ses voisins tant du sud (partenariat euro-méditerranéen) que de l'est (politique de voisinage, partenariat oriental). À ce stade, à l'exception de l'Ukraine, la Géorgie est le deuxième pays de la région qui se montre prêt à ouvrir des négociations en vue de la conclusion d'un accord de ce type. Le Kirghizistan, le Kazakhstan, l'Arménie et la Moldova ont quant à eux tous finalisé des accords aériens horizontaux, qui alignent sur la législation européenne les accords bilatéraux existants conclus entre les États membres de l'UE et les républiques en question.
L'accord vise à une ouverture réciproque des marchés (en termes de trafic aérien et d'investissements) et l'intégration de la Géorgie dans les structures aériennes de l'UE. En contrepartie, la Géorgie devrait assurer une pleine convergence réglementaire avec la législation de l'UE, en particulier dans les domaines de la sécurité aérienne, de la sûreté du trafic aérien, de la protection de l'environnement et de l'application des règles relatives à l'octroi des aides d'État et des règles de concurrence. D'un poids plutôt politique qu'économique (en 2007, le nombre de passagers entre la Géorgie et l'UE a atteint 210 000 passagers, ce qui est un chiffre relativement peu important), l'intégration de la Géorgie dans le marché unique du transport aérien serait un grand coup de pouce donné au secteur aérien géorgien au moment où celui-ci s'écarte de plus en plus du marché aérien russe - pendant longtemps son partenaire principal - au profit des aéroports turcs, ukrainiens et européens. D'après les chiffres cités dans la communication adoptée par la Commission, l'aéroport d'Istanbul est devenu, dès 2008, la principale destination internationale des vols opérant à partir de Tbilissi (plus de 7 000 sièges par mois) aux dépens de l'aéroport de Moscou - Domodedovo. Les dernières années ont également marqué, selon la Commission, une croissance continue des liaisons aériennes entre la Géorgie et les États membres de l'UE. En 2007, 36% des vols internationaux ont été assurés par les compagnies aériennes géorgiennes (en particulier, par le transporteur national Air Zena) et 64% par les compagnies aériennes étrangères, soit un total de 590 000 passagers transportés. Parmi les pays de l'UE, le plus important partenaire de la Géorgie reste l'Allemagne (39% du marché UE/Géorgie), suivie par l'Autriche (17%), la Lettonie (14%) et les Pays-Bas (9%). En 2007, le pays a signé un accord « ciel ouvert » avec les États-Unis. D'après la Commission, il est encore prématuré de tirer les conclusions finales de l'impact qu'aurait l'intégration de la Géorgie dans l'espace aérien commun. Toutefois, selon les experts, la première année de fonctionnement de l'espace commun aérien UE-Géorgie accroîtrait le nombre de passagers de 25 000 et apporterait des bénéfices d'au moins 9 millions d'euros, à condition que le pays poursuive ses réformes politiques et économiques et que la situation sur le marché demeure stable. (A.By.)