Bruxelles, 13/05/2009 (Agence Europe) - Au terme de sa première visite à Genève du 11 au 13 mai, le nouveau représentant américain au Commerce, Ron Kirk, a plaidé pour un nouveau mode de négociation afin de conclure plus rapidement les négociations de Doha, dans l'impasse depuis juillet 2008. « Le président Obama et moi sommes engagés pour une conclusion heureuse et aussi rapidement que possible du round de Doha », a assuré M. Kirk, lors d'une conférence de presse au siège de l'OMC, où des clarifications sur la position de l'administration Obama étaient très attendues. « Nous devrions considérer des changements dans le processus pour permettre de trouver une voie menant les négociations plus rapidement au succès. Nous voulons construire sur les progrès qui ont été faits et trouver le meilleur moyen pour y parvenir », a-t-il précisé, en restant néanmoins évasif sur le nouveau mode de négociation prôné par Washington. « Quel que soit le véhicule que nous avons utilisé pour conclure Doha, nous ne sommes pas encore arrivés à destination. Peut-être devrions-nous penser moins au véhicule… Ce qui est important, ce n'est pas le véhicule, c'est ce qui est dedans. S'il est nécessaire de réfléchir à un nouveau mode de négociation, soyons ouverts à cela. Ne sacrifions pas les principes fondamentaux de base, mais assurons-nous que nous restons disposés à opter pour le mode qui pourrait nous conduire à une conclusion réussie du round », a précisé M. Kirk.
Dédiées au développement, les négociations de Doha, lancées en 2001, sont ralenties par des divergences persistantes entre pays développés et pays émergents sur la libéralisation du commerce agricole et des produits manufacturés. La réunion ministérielle de Genève en juillet 2008, qui devait accoucher d'un compromis entre les 153 pays membres sur les modalités de libéralisation dans ces deux secteurs plus celui des services, a échoué en raison d'un différend profond entre les États-Unis et l'Inde sur le mécanisme de sauvegarde spéciale, destiné à protéger l'agriculture des pays en développement d'une augmentation massive et soudaine des importations, et d'un désaccord entre pays développés et émergents sur le chapitre industriel, en particulier sur le dossier des accords sectoriels qui prévoient, sur une base volontaire des pays membres, une élimination progressive et totale des droits de douane dans 14 secteurs industriels. Depuis lors, les négociations, qui se poursuivent au niveau technique à Genève, se trouvent ralenties au niveau politique, suspendues à une position plus claire de la nouvelle administration américaine, en place depuis fin janvier.
« Pour nous, conclure Doha n'est pas seulement un élément crucial de ce que le président Obama considère comme la réponse globale du monde à la crise économique, c'est aussi un élément essentiel pour beaucoup de pays moins développés », a poursuivi M. Kirk. « Un succès signifie pour nous un accord équilibré et ambitieux, avec des gains en matière d'accès aux marchés pour toutes les parties impliquées », a insisté le responsable américain. Après des réunions avec le directeur général de l'OMC Pascal Lamy, la commissaire au Commerce Catherine Ashton, la ministre suisse de l'Economie Doris Leuthard et les ambassadeurs de pays membres ou de groupes de négociation à l'OMC, M. Kirk, venu à Genève pour prendre la température des négociations, s'est aussi dit très satisfait de ses échanges de vues avec ses partenaires, dont « la sincérité, l'engagement et la passion » pour conclure le round l'ont « surpris ». (E.H.)