Bruxelles, 13/05/2009 (Agence Europe) - Le Danemark va présenter, lors du prochain Conseil des ministres européens de la Pêche, le 25 mai à Bruxelles, sa position sur les changements à apporter à la politique commune de la pêche (PCP), notamment en ce qui concerne le système des totaux admissibles de captures (TAC) et quotas. Le Danemark préconise notamment de définir les captures en tant que poissons pêchés et plus en tant que poissons débarqués, ce qui permettrait de comptabiliser les rejets et donc d'inciter les pêcheurs à éliminer les rejets en améliorer la sélectivité des engins.
Le Danemark estime que le pêcheur devrait être responsable de l'ensemble de ses captures de poissons et pas uniquement, comme actuellement, des volumes débarqués dans le port. Le pêcheur devrait aussi fournir les preuves que le quota de captures est respecté, grâce à des méthodes efficaces (observateurs à bord, surveillance par vidéo).
Le Danemark ne veut pas imposer cette vision à tous les pêcheurs, mais souhaite offrir aux pêcheurs qui le souhaitent la possibilité de participer à une « seconde voie de gestion ». Les pêcheurs qui acceptent la responsabilité et la documentation de leurs activités seraient ainsi soumis à des procédures allégées de contrôles, ne seraient pas soumis aux règles sur les jours de mer (système de gestion de l'effort de pêche qui existe dans les plans de reconstitution, en particulier du cabillaud) et recevraient des quotas plus importants (à savoir le quota qui leur est aujourd'hui attribué en y ajoutant l'estimation de ce qu'ils rejettent en mer en moyenne). En outre, ils seraient récompensés par des primes. Avec ce système, les pêcheurs seraient amenés à limiter les rejets en utilisant les filets de la bonne taille.
Mais pour que cette nouvelle approche puisse exister, il faut établir un système volontaire et fiable d'enregistrement et de vérification des captures. C'est dans ce contexte qu'une expérience pilote est menée au Danemark depuis septembre 2008, avec six bateaux équipés de caméras de surveillance. Objectif: démontrer que l'utilisation des caméras à bord des bateaux permet de vérifier les captures. Les résultats préliminaires seraient encourageants et seraient peu onéreux à mettre en place (environ 6000 euros par navire). Un site Internet permet de suivre ces travaux (http://www.fvm.dk/yieldoffish ). Les résultats définitifs de cette expérience seront présentés le 8 octobre 2009, lors d'une conférence à Aalborg, au Danemark, consacrée notamment à la réforme de la PCP.
38% de cabillaud rejetés à la mer. Selon le WWF, un million de tonnes de poissons sont rejetés à la mer chaque année en mer du Nord. S'agissant du cabillaud pêché en mer du Nord, le CIEM (Conseil international pour l'exploration de la mer) a estimé que sur un total de 62 600 tonnes de cabillaud, il y a 39% de débarquements dans les ports (24 400 tonnes), 38% de rejets (23 600 tonnes) et 23% de captures non déclarées (14 600 tonnes). Pour d'autres espèces, comme la plie et la sole, le pourcentage de rejets peut être encore plus important. À l'heure actuelle, nombre de marins-pêcheurs ramassent tout ce qu'ils peuvent dans les filets et se débarrassent ensuite de ce qu'ils ne veulent pas. Un gaspillage auquel la Commission et les pays de l'UE veulent mettre un terme.
Quotas transférables. Le Danemark estime que les droits de pêche transférables (qui peuvent être vendus et achetés) permettent de « faciliter » l'adaptation de la flotte de pêche. Au Danemark, la surcapacité de 30% de la flotte démersale a disparu en moins de deux ans après l'introduction dans le pays de droits transférables. Le Danemark estime que « l'UE ne devrait pas établir des normes pour la gestion nationale de la flotte (sauf un plafond de référence pour la capacité), mais les États membres devraient assumer les conséquences de leur échec à atteindre un bon équilibre entre la flotte et les possibilités de captures ». (L.C.)