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Bulletin Quotidien Europe N° 9886
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/transport

Les transporteurs routiers demandent un plan de relance

Bruxelles, 21/04/2009 (Agence Europe) - La Commission européenne a organisé, lundi 20 avril, la première consultation de haut niveau visant à aider le transport routier, considéré comme le plus affecté de tous les secteurs du transport par la crise économique actuelle. Cette première rencontre a réuni autour de la même table une centaine de représentants d'associations du transport routier, du Parlement européen (représenté par le député socialiste Boguslaw Liberadzki et le chrétien-démocrate Mathieu Grosch), de la Banque européenne d'investissement (BEI) et de la Commission, permettant de recueillir des informations de première main sur l'impact de la récession et d'échanger des avis sur les efforts à déployer pour aller de l'avant. Des propositions concrètes visant à élaborer un plan de relance destiné spécialement au secteur sont attendues tant par les représentants du Parlement européen que par les transporteurs, qui espèrent une reprise des travaux après les élections européennes, au second semestre. Aucune date n'a toutefois pas été fixée pour la deuxième réunion, mais la Commission a affirmé sa volonté de suivre de près l'évolution dans le secteur.

La Commission a reconnu que le transport souffre également de la crise, surtout le transport de marchandises, plus étroitement lié au commerce et à l'activité économique que le transport de passagers. D'après l'étude présentée par la DG TREN, la demande de services de transport diminue rapidement et les compagnies de transport font face à des difficultés économiques et des faillites. Il ne faut toutefois pas permettre que les mesures prises pour y remédier mettent en danger le marché intérieur ni que la crise freine les investissements dans les infrastructures de transport, estime la Commission. Une idée partagée par le représentant chrétien-démocrate du Parlement lors de la réunion mais qui a été contrecarrée par certaines propositions visant à introduire plus de régulation au niveau européen. Au nom du PPE-DE, M. Grosch a fait valoir que les mesures éventuelles adoptées pour faire face à la crise devraient avoir un caractère transitoire et limité dans le temps et ne pas empêcher des investissements ultérieurs dans les infrastructures transfrontalières, dans la sécurité et dans l'environnement. Au contraire, certaines associations, notamment polonaises, ont plaidé pour l'élaboration au niveau européen d'un prix minimal dans le transport (un prix au-dessous duquel les services de transport ne seraient pas rentables) et la mise en place d'exemptions fiscales en faveur des entreprises de transport routier (entre autres l'exemption du paiement des taxes pour les véhicules retirés ou suspendus du service préconisée aussi par la Pologne, qui est le deuxième transporteur de marchandises après l'Allemagne). L'Union internationale du transport routier (IRU) a présenté pour sa part son propre plan de relance en réaffirmant en même temps son opposition à la mise en place de la directive Eurovignette. « Le temps de l'analyse et du débat est révolu (…) Nous avons désormais besoin d'un plan de relance coordonné de la part de la Commission et de mesures concrètes des États membres pour aider à résoudre le problème de la crise dans les transports routiers », a déclaré dans un communiqué son délégué général auprès de l'UE, Michael Nielsen. L'association propose par ailleurs de: - réduire les coûts dans le secteur en ne créant aucune nouvelle taxe ou redevance environnementale (telle que la directive Eurovignette) mais en réduisant les taxes sur le carburant et les redevances actuellement en vigueur ; - restaurer les crédits en encourageant les institutions financières à rouvrir des possibilités de crédit aux sociétés de transport routier et autoriser les moratoires sur les dettes ; - revoir les règles de l'insolvabilité pour permettre aux entreprises de réduire leur capacité de transport ; - protéger la libre circulation des biens et l'offre des services en harmonisant davantage les contrôle de marchandises aux frontières ; - protéger les travailleurs en adoptant au niveau national des régimes de « chômage pour motif économique » qui introduiraient le statut d'employé « inactif » sans pour autant que celui-ci perde son travail; - réinvestir dans les infrastructures routières et adopter des incitations fiscales aux entreprises afin qu'elles puissent investir dans des véhicules innovants, sûrs et propres. Selon l'IRU, 140 000 emplois du secteur du transport de marchandises par la route dans l'ensemble de l'UE seraient menacés. Selon d'autres estimations faites par l'industrie, le nombre d'emplois supprimés en France serait de 10 000, en Espagne de 16 000 et en Belgique de 4 000. (A.By.)

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