Bruxelles, 08/04/2009 (Agence Europe) - Dans une communication adoptée mercredi 8 avril, la Commission européenne préconise un renforcement de l'action de l'UE pour aider les pays en développement à faire face à la crise économique et financière. Une communication qui tombe une semaine après le G20, mais qui s'inscrit plus largement dans le cadre du suivi des objectifs de Monterrey sur l'aide au développement (EUROPE n° 9878). Déjà affaiblis par les crises alimentaire ou pétrolière, les pays les plus pauvres sont particulièrement vulnérables. « La croissance ralentit, le chômage augmente, les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) sont compromis et les acquis de la dernière décennie seront perdus », constate ainsi la Commission. Dans sa communication, elle propose une action européenne opportune, coordonnée et ciblée, appelant à honorer les promesses déjà faites en matière d'aide publique au développement (APD) et à aller plus loin. « Si chez nous la crise est synonyme de chômage (…) souvent dans les pays les plus pauvres, la crise est synonyme de régression, d'instabilité, d'extrême pauvreté, de dénuement et même de mort », a insisté devant la presse le commissaire Louis Michel, qui souhaite maintenir la pression sur les États membres et les donateurs internationaux.
« La récession ne doit pas, ne peut pas, et ne sera pas utilisée comme prétexte pour revenir sur nos promesses d'accroître l'aide », a rappelé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Si l'Europe est le premier donateur dans le monde, « certains des acquis risquent d'être perdus, plongeant les pays pauvres dans une situation pire qu'avant la crise », a-t-il observé. En 2008, l'UE a certes porté son aide à 49 milliards d'euros, soit 0,40 % du RNB (0,42% pour l'UE 15). Mais pour respecter ses engagements (69 milliards d'euros, soit 0,56 % en 2010), elle doit encore accroître son volume d'aide de 20 milliards d'ici l'année prochaine, a expliqué M. Michel. Or, les perspectives pour les années à venir « semblent plutôt préoccupantes », observe la Commission, qui souhaite activer d'autres ressources, notamment par le biais de la Banque européenne d'investissement (chaque euro dépensé en aide devrait mobiliser jusqu'à cinq euros d'investissement privé). Elle recommande ainsi aux États membres « d'appliquer plus largement de nouvelles sources de financement s'inspirant des prélèvements de solidarité facultatifs existants tels que la taxe sur les billets d'avion destinée au financement des programmes de santé ».
Pour être efficace, il faut agir tout de suite, souligne la Commission qui souhaite introduire plus de flexibilité dans les procédures. « Il convient de prendre des mesures pour adapter les priorités, procurer l'aide plus rapidement, le cas échéant en regroupant les paiements et en accélérant l'aide budgétaire », indique la communication. À ce titre, la Commission a avancé 4,3 milliards d'euros d'aide communautaire aux pays ACP sur les ressources de 2009 (ventilés ainsi: 3 milliards pour l'aide budgétaire, 800 millions pour la facilité alimentaire et 500 millions pour le mécanisme FLEX ad hoc destiné à soutenir les dépenses sociales).
L'inefficacité de l'aide reste trop coûteuse. « La volatilité et le manque de prévisibilité de l'aide peuvent à eux seuls hausser les coûts de 15% à 20% »: tel est le véritable coût du manque d'Europe pour le développement, explique la Commission. En travaillant mieux ensemble (et en mettant en œuvre les principes déjà convenus en 2008), les 27 États membres et la Commission pourraient réaliser de réelles économies (de 5 à 7 milliards d'euros par an).
Enfin, pour amortir les répercussions sociales et soutenir l'économie réelle, la Commission veut axer les efforts sur les infrastructures, revitaliser l'agriculture, stimuler le commerce et la lutte contre le changement climatique. La communication et d'autres documents sont disponibles sur: http://www.ec.europa.eu/development/index_fr.cfm . (A.B.)