Bruxelles, 08/04/2009 (Agence Europe) - La Commission européenne a demandé, mardi 7 avril, à la Libye de coopérer davantage pour lutter contre le départ vers l'Europe d'immigrants clandestins, mais les conditions posées par Tripoli sont difficilement acceptables, a indiqué le commissaire européen chargé de l'Immigration, Jacques Barrot. « La Libye a demandé des financements et des moyens logistiques pour surveiller sa frontière sud », a expliqué M. Barrot à l'AFP, à l'issue d'une rencontre à Bruxelles avec l'ambassadeur de Libye, Ahmed Hadeiba Alhadi. « Mais répondre à ces demandes est très difficile. Il n'est ainsi pas certain que les pays africains acceptent l'alimentation d'un fonds pour les problèmes liés à l'immigration via le Fonds européen au développement », a-t-il souligné. « Je veux rouvrir le dialogue avec la Libye et je veux aller au fond des choses », a-t-il dit, n'excluant pas un déplacement en Libye pour voir quelles mesures pourraient être mises en place. « Il faut arrêter les passeurs », a-t-il affirmé. « J'ai également dit que nous étions prêts à les aider pour éviter les naufrages, mais que cela impliquait une coopération étroite avec Frontex », a ajouté le commissaire. « Mais le problème devient que faire des personnes sauvées. Où les emmener ? », s'est-il interrogé. « Il nous faut des accords de réadmission avec la Libye, mais les Libyens nous disent que ces personnes viennent d'autres pays d'Afrique avec qui ils n'ont pas d'accords et donc qu'ils ne peuvent les renvoyer », a-t-il précisé. Selon le commissaire, les autorités libyennes ont pris la mesure du problème puisque près de 2 millions de candidats à l'immigration vers l'Europe sont présents sur leur territoire. (B.C.)