Bruxelles, 03/04/2009 (Agence Europe) - La commission parlementaire mixte UE/Turquie, qui s'est réunie jeudi 2 avril à Bruxelles, a lancé un appel aux États membres pour qu'ils acceptent d'ouvrir les négociations d'adhésion avec la Turquie dans tous les domaines qui, selon l'avis de la Commission européenne, sont techniquement prêts à être soumis aux négociateurs. « Nous espérons que l'ouverture de chapitres supplémentaires renforcera la détermination de la Turquie de prendre les mesures nécessaires pour rapprocher le pays aux normes européennes et à l'acquis communautaire », affirment les deux co-présidents - l'eurodéputé néerlandais Joost Lagendijk (Verts) et le député turc, Yaºar Yakis - dans un communiqué conjoint publié à l'issue de la réunion. Parmi ces chapitres figure notamment celui de l'énergie, actuellement bloqué par Chypre pour des raisons politiques. En revanche, l'appel ne vise pas les huit chapitres bloqués depuis décembre 2006 en raison du refus turc d'étendre l'Union douanière à Chypre, ni les cinq chapitres de négociation que la France refuse d'ouvrir car ils visent exclusivement l'adhésion de la Turquie à l'UE, a précisé M. Lagendijk à EUROPE. Les deux co-présidents de la commission parlementaire mixte demandent aussi que le Conseil et la Commission impliquent la Turquie dans toutes les négociations que l'UE mène avec des pays tiers sur des accords de libre-échange. En raison de son Union douanière avec l'UE, la Turquie est directement affectée par tous les accords de libre-échange que l'UE conclut avec des pays tiers, sans toutefois participer aux négociations. À l'avenir, l'UE devrait assurer qu'Ankara soit consultée simultanément sur le déroulement de ces négociations commerciales, affirment MM. Lagendijk et Yakis. En marge de la réunion, l'eurodéputée allemande Renate Sommer (PPE-DE) a sévèrement critiqué le commissaire à l'Élargissement, Olli Rehn. En dépit du fait que les réformes en Turquie « n'avancent pas et que les libertés fondamentales soient de plus en plus restreintes », M. Rehn continue à dire que les négociations d'adhésion doivent être accélérées, critique Mme Sommer. Pour elle, M. Rehn veut ainsi « légitimer » son travail en tant que commissaire à l'Élargissement, « sachant très bien que l'Union européenne ne pourrait pas digérer ce pays qui refuse de s'adapter » (pour la députée, la capacité d'absorption de l'UE sera épuisée après l'entrée de la Croatie). « Nous devrions supprimer le poste de commissaire à l'Élargissement », conclut Mme Sommer. (H.B.)