Ce n'est pas un moment facile pour le Parti Socialiste Européen (PSE), du moins du point de vue sémantique. Le Partito Democratico (PD, nouveau parti politique italien issu de la fusion entre l'ancien parti de Romano Prodi et un autre mouvement réformiste) n'entrera pas dans le PSE ; c'est son président Dario Franceschini qui l'a annoncé. L'importance de la décision ne réside pas dans le fait de gonfler plus ou moins le PSE, mais dans les répercussions au sein du futur Parlement européen. Le Groupe socialiste aspire à devenir le premier groupe du PE rénové, à la place du PPE (qui aura perdu les Conservateurs britanniques) ; mais sans l'apport du PD, ce sera difficile. M. Franceschini ne veut pas que les élus italiens de centre-gauche soient divisés entre deux groupes, comme c'est le cas actuellement. Mais l'adhésion de tous au Groupe socialiste ne semble pas possible. M. Franceschini songerait alors d'abord à un groupe autonome lié au Groupe socialiste. Après quoi, l'orientation serait de créer un groupe unique de centre-gauche, qui réunirait socialistes et « réformistes » (terme assez vague pour ne gêner personne), et le nouveau groupe s'appellerait « groupe progressiste unitaire ». Comment convaincre le PSE et les partis nationaux à accepter cette solution, alors que des millions de militants ne paraissent pas disposés à mettre de côté le mot « socialistes » ? C'est tout le problème. Le premier ministre britannique (dont le parti, on le sait, s'appelle travailliste et non socialiste) aurait indiqué que, au-delà de la dénomination, l'objectif est de créer au sein du PE un groupe de centre-gauche unique, qui puisse aspirer à être le premier groupe parlementaire européen, élément important dans une UE où le rôle parlementaire augmente sans cesse. Il est vrai que de son côté le PPE vise à accueillir les élus du parti unifié présidé par M. Berlusconi… (F.R.)