Après sept ans passés à Bruxelles, comme représentant permanent de la France auprès de l'Union européenne, Pierre Sellal rejoint le 14 avril le Quai d'Orsay dont il devient le nouveau secrétaire général. L'homme n'en est pas à sa première navette entre Bruxelles et Paris. Au total, il totalise pas moins de quatorze années dans la capitale européenne. S'il se dit « très heureux d'avoir été un diplomate qui, au fil des années, s'est occupé des ascenseurs, du marché intérieur, de la pêche… », il se souvient aussi d'avoir essuyé les plâtres, en participant par exemple, avec Nicole Fontaine, à la première conciliation avec le Parlement européen en 1995. Évoquant « l'intense satisfaction » que procurent les multiples négociations européennes quand elles parviennent à leur terme, il conserve aussi le mauvais souvenir du résultat du référendum français sur le projet de traité constitutionnel. « On n'était pas très fiers le lendemain matin », dit-il tout en constatant qu'il fallait respecter l'expression de la démocratie et « ne pas se couvrir la tête de cendres ». « Un des paradoxes de l'élargissement à vingt-sept, c'est que les réunions du COREPER sont aujourd'hui moins longues, parce qu'il y a moins de discussions collectives », observe Pierre Sellal qui constate aussi un rôle beaucoup moins actif de la Commission dans les négociations. Aujourd'hui, tout se passe « comme si son rôle s'épuisait avec son droit d'initiative », ajoute le diplomate qui souligne « l'importance centrale de la Présidence ». Cette dernière doit désormais faire preuve de « beaucoup plus de rigueur dans la programmation », notamment en raison des ordres du jour très serrés du Parlement européen, et en même temps d'une « plus grande souplesse, en maintenant le cap sur certains dossiers et en acceptant un certain glissement pour d'autres ». De toute manière, comme le reconnaît Pierre Sellal: « C'est toujours le dos au mur que l'Europe est la plus efficace ». (O.J.)