Bruxelles, 13/11/2008 (Agence Europe) - Dans deux discours prononcés successivement cette semaine, d'abord lors de la 7ème Conférence de Berlin sur la PESD puis lors du Congrès d'Euromil à Bruxelles, le président du Parlement européen a proposé une étape intermédiaire sur la voie de la constitution d'une armée européenne. Objectif à long terme des deux partis de la grande coalition en Allemagne, la constitution d'une armée européenne est aussi approuvée par une très grande majorité des citoyens dans l'Union européenne. Tout en soulignant - en référence au débat irlandais sur le Traité de Lisbonne - qu'il appartiendra à chaque étape du processus à chacun des États membres de choisir s'il souhaite ou non y participer, Hans-Gert Pöttering a proposé une étape intermédiaire baptisée SAFE (Synchronised Armed Forces Europe).
Cette étape intermédiaire permettrait de rapprocher progressivement les normes en usage dans les différentes armées nationales en commençant par leur développement dans le cadre des unités multinationalisées comme le Corps européen et les groupements tactiques (GT-1500) de l'UE. Figurent parmi ces normes l'ensemble des questions d'ordre social, de prise en charge médicale, de règles applicables aux familles des soldats déployés en opération. Progressivement, cette évolution vers un statut commun pour des personnels originaires d'États membres différents pourrait être accompagnée par l'adoption de règles d'engagement communes. S'y ajouteraient enfin des niveaux d'entraînement et un équipement de qualité identique. Hans-Gert Pöttering a souligné l'énorme apport qu'un tel processus pourrait avoir sur la cohésion des troupes européennes lors d'opérations qui sont de plus en plus souvent multinationales.
SAFE pourrait être développé sous la forme d'une coopération renforcée, comme l'ont été l'euro ou la zone Schengen, a expliqué le président du Parlement européen, en observant que cela laissera à chaque État membre le choix d'y participer ou non. Citant l'exemple de la Belgique, il a aussi appelé les forces armées des États membres de l'Union européenne à s'ouvrir aux ressortissants des autres États membres. « À l'avenir, il devrait être possible pour un Estonien de servir dans les chasseurs alpins français, ou à un Slovène de voler dans l'armée de l'air espagnole », a-t-il dit.
La Conférence de Berlin, dont le démocrate-chrétien allemand Karl von Wogau est le principal initiateur, a réuni cette année quelque 1300 participants. Elle devient progressivement l'équivalent pour la politique européenne de sécurité et de défense de la Conférence de Munich sur la sécurité qui a lieu tous les ans en février dans la capitale bavaroise. Euromil fédère au niveau européen les associations professionnelles ou sociales de militaires. (O.J.)