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Bulletin Quotidien Europe N° 9782
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/russie

La Russie souhaite conclure un accord « solide » avec l'UE, dit
M. Medvedev - L'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie est « irréversible »

Bruxelles, 13/11/2008 (Agence Europe) - À la veille du sommet UE/Russie ce vendredi à Nice, qui doit entre autres aborder la situation en Géorgie (EUROPE n° 9781), le président russe Dmitri Medvedev a réitéré dans une interview accordée au quotidien le Figaro du 13 novembre que l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie (à ce stade reconnue seulement par la Russie et le Nicaragua) était « irréversible ». Il a aussi laissé entendre que Moscou n'avait aucune intention de retirer ses troupes de ces deux régions séparatistes qui, pour l'UE, continuent à faire partie du territoire de la Géorgie (au sommet, il est d'ailleurs prévu que l'UE insiste sur le rétablissement de l'intégrité territoriale de la Géorgie). « Aucun texte, y compris notre accord avec le président Sarkozy, ne réglemente nos contingents militaires », affirme M. Medvedev. « Les effectifs et la localisation des bases militaires sont définis par les accords de coopération bilatéraux signés par la Russie avec ces deux pays, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud », dit-il. À propos des missiles tactiques que la Russie menace de disposer à Kaliningrad, le président russe se dit prêt à renoncer à un tel déploiement « si la nouvelle administration américaine (…) décide d'abandonner son système antimissile » en Europe de l'Est. M. Medvedev souligne aussi l'interdépendance entre l'UE et la Russie et plaide pour un nouvel accord de partenariat « solide » avec les Européens. « Nous avons besoin des investissements réciproques. L'Europe est le plus grand consommateur de l'énergie russe, nous sommes des grands acheteurs des technologies et produits européens », dit-il. « Nous avons besoin de fondations solides à nos relations, c'est l'objet du nouvel accord » sur lequel les négociations vont reprendre dans les prochaines semaines. « La Russie a été, demeure, et restera une partie intégrante de l'Europe. Notre intérêt est d'avoir des relations aussi étroites que possible » avec l'UE, conclut M. Medvedev.

Le sommet de Nice doit aussi aborder un certain nombre de « questions graves » relatives aux droits humains, estime Amnesty International. « L'envie très forte de reprendre les négociations (sur le nouvel accord de partenariat) suspendues en septembre à la suite du conflit entre la Russie et la Géorgie ne doit pas conduire l'UE à relâcher sa détermination à s'exprimer sur les problèmes relatifs aux droits fondamentaux ignorés par les autorités russes », estime l'organisation de défense des droits de l'Homme. Dans une lettre adressée à la Présidence française de l'UE, Amnesty International souligne la nécessité d'évoquer les atteintes aux droits humains commises dans le Caucase du Nord « où les mesures de détention arbitraire, les actes de torture et les disparitions demeurent monnaie courante ». L'organisation rappelle que les défenseurs des droits humains, comme les journalistes et les avocats, sont particulièrement pris pour cibles et a demandé à l'UE de s'enquérir auprès des autorités russes des causes de la mort de Magomed Yevloyev (le propriétaire du site Internet indépendant ingushetiya.org, décédé en août alors qu'il se trouvait en garde à vue). Amnesty International se préoccupe aussi des tensions qui perdurent dans la zone touchée par le conflit entre la Russie et la Géorgie et qui empêchent les personnes déplacées de rentrer chez elles. (H.B.)

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