Luxembourg, 13/10/2008 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE, réunis lundi en Conseil « Relations extérieures » à Luxembourg, ont décidé de lever définitivement l'interdiction de visas qui frappait depuis trois ans une dizaine de hauts dirigeants et membres du gouvernement responsables du massacre d'Andijan en mai 2005. La décision ne changera rien sur le terrain, étant donné que l'application pratique de cette « mesure restrictive » avait déjà été suspendue en 2007. En revanche, le Conseil a renouvelé lundi l'embargo sur les armes (également établi en 2005) pour une durée de 12 mois. Avec la suppression définitive de l'interdiction de séjour appliquée aux principaux dirigeants du pays, l'UE entend « féliciter » les autorités ouzbèkes pour les « progrès » que le pays a fait depuis 2007 en matière de respect de l'État de droit et de protection des droits de l'Homme. Dans des conclusions adoptées lundi, les ministres saluent en particulier la libération de plusieurs défenseurs des droits de l'Homme, dont celle de Mutabar Tadjibaeva.
L'UE salue aussi la tenue des deuxièmes consultations UE/Ouzbékistan en matière de droits de l'Homme le 5 juin dernier, et la tenue d'un séminaire sur la liberté des médias à Tachkent les 2 et 3 octobre. Les ministres se félicitent également de la mise en œuvre de plusieurs réformes législatives et judiciaires, notamment l'abolition de la peine de mort et la ratification de plusieurs conventions contre le travail des enfants. Il n'en demeure pas moins que l'UE reste « préoccupée » par la situation des droits de l'Homme en Ouzbékistan dans un certain nombre de domaines, lit-on dans les conclusions. Ainsi, les autorités ouzbèkes sont appelées à libérer l'ensemble des défenseurs des droits de l'Homme emprisonnés, et à cesser les persécutions à l'encontre des défenseurs des droits de l'Homme. Tachkent est aussi priée de laisser l'ONG « Human Rights Watch » travailler dans le pays sans entrave et à coopérer de façon complète et effective avec les rapporteurs de l'ONU sur la torture et la liberté d'expression. L'UE est prête à assister l'Ouzbékistan dans ses efforts de réforme, soulignent les ministres. (H.B.)