Bruxelles, 13/10/2008 (Agence Europe) - Dans une lettre transmise début octobre à la Commissaire Mariann Fischer Boel (Agriculture), la Commission intersyndicale des déshydrateurs européens (CIDE) accepte le découplage total des aides aux fourrages séchés, « mais après la récolte 2013 et non pas après la récolte 2010 ». Dans les propositions sur le « bilan de santé » de la politique agricole commune (PAC), les services de la commissaire à l'Agriculture préconisent la suppression à compter de la récolte 2011 du soutien de 33 euros par tonne de produit fini versé aux transformateurs de fourrages séchés et d'intégrer le budget correspondant dans le mécanisme du régime de paiement unique. Ce délai permettra aux entreprises de ce secteur, majoritairement des coopératives agricoles, de poursuivre le programme d'investissements (pour diminuer les consommations d'énergies fossiles et pour mettre au point des produits à plus forte valeur ajoutée et moins exposés à la compétition).
Une étude d'évaluation de l'OCM (organisation commune de marché) des fourrages séchés, commanditée par la DG Agriculture (http://www.ec.europa.eu/agriculture/eval/reports/fourrage/sum_fr.pdf ), indique que les conséquences directes de l'arrêt du soutien couplé seront: - une réduction de l'ordre de 80% des volumes produits ; - des pertes d'emplois, de revenus, d'actifs industriels et de savoir-faire. Les possibilités de reconversion des personnels concernés sont faibles dans 30% des cas, dans les zones rurales les moins denses ; - les bénéfices environnementaux locaux seront perdus. « Nous sommes persuadés » que la Commission et le Conseil « pourront nous accorder ce délai supplémentaire », lit-on dans la lettre, qui conclut toutefois: « Dans le cas contraire, cela risque d'entraîner un gâchis social, économique et environnemental dans de nombreuses régions ». (L.C.)