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Bulletin Quotidien Europe N° 9748
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/bÉlarus

Javier Solana a téléphoné à Alexandre Loukachenko

Bruxelles, 25/09/2008 (Agence Europe) - À quatre jours des élections parlementaires au Bélarus dimanche 28 septembre, le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, s'est entretenu, mercredi soir 24 septembre, au téléphone avec le président du Bélarus, Alexander Loukachenko. C'était le premier contact direct entre les deux hommes depuis le gel du dialogue entre l'UE et ce pays en 2004, ont confirmé des diplomates à Bruxelles. Parlant depuis New York où il se trouve cette semaine pour assister à l'Assemblée générale de l'ONU, M. Solana a rappelé au président Loukachenko la position prise par le Conseil « Relations extérieures » du 15 septembre (EUROPE n° 9740), à savoir que l'UE est disposée à réévaluer ses liens avec Minsk à condition que les élections du 28 septembre soient « pluralistes » et qu'elles marqueront un « progrès réel dans la voie du respect des normes internationales et européennes ». Dans ce cas, l'UE pourrait non seulement décider d'assouplir les sanctions en place (interdiction de visas, gel des avoirs, etc.) contre les principaux dirigeants du pays, mais encore « prendre des mesures positives et concrètes » pouvant mener à un « réengagement progressif » avec le Bélarus, y compris l'inclusion du pays dans la politique européenne de voisinage, a expliqué M. Solana à M. Loukachenko. Cette semaine, dans une interview à l'AFP, le dirigeant de l'opposition bélarusse, Alexandre Milinkevitch, estime que les progrès démocratiques réalisés sont minces. Parlant de « changements cosmétiques » par rapport aux précédents scrutins, il dénonce notamment le fait que les candidats d'opposition ne soient pratiquement pas représentés dans les commissions électorales au moment du décomptage. À la question de savoir si l'UE devrait malgré tout reconnaître les élections, M. Milinkevitch répond que « l'UE devra dire la vérité. Je ne pense pas que ces élections soient libres et démocratiques et conformes aux critères de l'OSCE. L'Europe ne pourra donc pas dire qu'elles sont conformes. Mais il sera important de constater des améliorations ». Il demande aussi que l'UE prenne des mesures économiques en faveur du pays. « Si l'économie bélarusse ne commence pas aujourd'hui à se moderniser, nous serons totalement dépendants d'ici quelques années de la Russie », dit-il. (H.B.)

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