Bruxelles, 18/09/2008 (Agence Europe) - La conférence des partenaires au développement du Togo s'est ouverte jeudi 18 septembre à Bruxelles sur l'espoir conjoint des autorités togolaises et de la Commission européenne que les deux jours de réunion convaincront les donateurs de se mobiliser davantage et en plus grand nombre pour la relance économique durable d'un pays qui a enregistré, ces dernières années, des progrès considérables en empruntant la voie de la démocratie et de la réconciliation après plus de dix ans de crise politique et d'isolement.
En organisant cette conférence avec l'appui de la Commission et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), les autorités de Lomé espèrent accroître la confiance internationale dans l'orientation prise par le Togo, engagé dans une nouvelle phase de son développement depuis août 2006, date à laquelle fut signé l'accord politique global rassemblant toutes les composantes historiques de la vie politique togolaise et qui a permis d'organiser des élections législatives libres et transparentes.
S'exprimant devant la presse à l'ouverture de la conférence, Louis Michel, commissaire européen au Développement, a estimé que la présentation du programme stratégique de réduction de la pauvreté et de développement par le nouveau Premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo, et son engagement personnel sont
« de nature à convaincre les anciens donateurs et les nouveaux ». Rappelant que le Togo a rempli les vingt-deux conditions fixées en 2004 par l'UE pour la reprise de la coopération (renouée depuis novembre 2007 après treize ans d'interruption), M. Michel s'est livré à un véritable plaidoyer en faveur de nouveaux appuis à ce pays méritant, mais en convalescence.
« Le Togo est en train de devenir une 'success story' politique, mais sa vulnérabilité économique et sociale demeurent. Il est important que soient mobilisés rapidement des moyens financiers conséquents pour montrer à la population togolaise qu'elle a eu raison de croire en la démocratie », a souligné le commissaire. Il se félicite en particulier du gouvernement inclusif qui compte quatre femmes ministres et de la liberté de la presse, gages d'« un Togo moderne, ouvert, démocratique et prospère ».
De la part de l'UE, le Togo peut d'ores et déjà compter sur 123 millions d'euros pour 2008-2013 au titre du 10ème Fonds européen de développement (FED). « On a libéré tous les montants des FED antérieurs et nous accélérons les projets de développement », a souligné Louis Michel. Sa priorité est de créer rapidement les conditions de l'aide budgétaire pour le Togo, « l'un des pays les plus prometteurs en termes de gouvernance et de coopération ». Il a d'ailleurs été sélectionné comme l'un des dix pays dans lesquels sont mis en œuvre des projets pilotes pour la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement (OMD).
Au nom du peuple togolais, M. Houngbo a remercié la Commission de son soutien. Cette conférence est « d'une importance capitale stratégiquement car nous voulons repartir vendredi avec un engagement ferme, une volonté commune de tous les partenaires, de relancer la coopération dans cette phase de sortie de la fragilité », a déclaré le Premier ministre. La priorité du gouvernement togolais est de rétablir le plus vite possible les services sociaux de base, de recréer un État fort capable d'assumer ses fonctions régaliennes et de poursuivre les réformes structurelles, économiques, politiques et financières. M. Houngbo reconnaît qu'il y a encore beaucoup à faire pour rassurer les investisseurs étrangers mais un projet de loi sur la réforme du cadre des investissements atteste des efforts entrepris dans ce sens.
Interrogé sur les sommes requises pour couvrir les besoins de relance économique à court terme,
M. Houngbo a répondu que l'objectif de cette conférence (qui n'est pas une conférence des donateurs) n'était pas l'annonce de millions mais « le partage des efforts déployés au cours des trois dernières années, afin d'aider les partenaires à finaliser leur plan d'appui ». Louis Michel a renchéri en soulignant que l'important n'était pas d'obtenir « un résultat mathématique », mais de sortir définitivement le pays de la situation d'orphelin de l'aide dans laquelle il a été trop longtemps plongé. « Les sanctions et la solitude ne mènent pas à grand-chose. Rien ne vaut le dialogue politique. La France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, les institutions multilatérales ont fait confiance. Mais si la communauté internationale ne se mobilise pas quand il y a tant d'atouts, c'est nous qui porterons la responsabilité de l'échec », a averti le commissaire. Dans cette région d'Afrique hautement sensible, le M. Michel juge « fondamental que la démonstration puisse être faite de la pacification et du redressement économique ».
Le Togo s'est doté d'une stratégie de réduction de la pauvreté intérimaire qui couvre la période 2008-2010. Une stratégie complète lui succédera en 2009. La Banque mondiale, le FMI, la Banque africaine de développement, représentées à la conférence, ont renoué en 2007 avec le Togo. (A.N.)