Bruxelles, 18/09/2008 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté, jeudi 18 septembre, un plan d'action sur quatre ans (2009-2012) pour renforcer la lutte contre la consommation de drogue dans l'Union. Même si la politique de lutte antidrogue demeure, en vertu des traités, une compétence avant tout nationale, ce plan propose des mesures destinées à renforcer la coopération européenne, afin d'endiguer les effets néfastes de la consommation de drogue et de réduire la criminalité qui y est associée. « Il s'agit d'optimiser les réponses communes face à un problème qui concerne tous les États membres (…) Il faut que nos États membres arrivent à des pratiques convergentes », a indiqué le commissaire chargé de la Justice, de la Sécurité et de la Liberté, Jacques Barrot, en conférence de presse. Le commissaire a souligné que les efforts européens en matière de lutte contre la drogue avaient payé puisque, selon les données fournies par l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), la consommation d'héroïne, de cannabis et de drogues de synthèse s'est stabilisée ou recule. Pourtant, la consommation de cocaïne augmente dans plusieurs pays (Royaume-Uni, Espagne et France). « Nous avons quand même un peu endigué le phénomène, mais il faut faire mieux », a estimé M. Barrot, rappelant que l'UE compte pas moins de 2 millions d'usagers dépendants de drogue et qu'environ 7500 personnes meurent chaque année d'une overdose.
Le plan d'action s'appuie sur l'approche adoptée dans la stratégie antidrogue de l'UE (2005-2012) qui définit un modèle européen de politique en matière de drogue, fondé sur une approche visant à réduire tant l'offre que la demande de drogue. Les cinq grandes priorités du nouveau plan d'action sont: la réduction de la demande de drogue et la sensibilisation de l'opinion, la mobilisation des citoyens européens, la réduction de l'offre de drogue, l'amélioration de la coopération internationale et la promotion d'une meilleure compréhension du phénomène de la drogue. « Trois clefs majeures » sous-tendent ce plan, a expliqué M. Barrot. Il faut d'abord faire en sorte que les États membres poursuivent une « stratégie globalisante » en adoptant des approches plus planifiées et convergentes dans des domaines comme les traitements, la réduction des risques, la prévention et la réduction de l'offre. Ensuite, il faut mobilier tous les acteurs chargés de la répression pour court-circuiter les routes d'importation de drogue en mettant sur pied des opérations policières et douanières. En plus de la coopération classique, les opérations pourront s'assurer du soutien d'Europol, d'Eurojust, du Centre d'opération et d'analyse maritime de lutte contre le trafic de drogue (MAOC), basé à Lisbonne et coordonnant la lutte antidrogue sur la façade atlantique et du futur du Centre de coordination de la lutte anti-drogue en Méditerranée (CECLAD) qui sera inauguré, à Toulon, le 24 septembre prochain. Le troisième pilier du plan d'action repose sur la mobilisation de la société civile notamment grâce à la création d'une alliance européenne laquelle s'emploiera à sensibiliser les jeunes, mais aussi les entreprises et les collectivités locales, à la problématique des drogues. En référence à la Charte européenne de la sécurité routière, M. Barrot suggère que l'ensemble des acteurs services publics et ONG concernés s'engagent en lançant des initiatives concrètes. Le commissaire a notamment demandé que des initiatives soient prises dans la prévention ciblée des polytoxicomanies (association alcool et drogue) et la conduite sous influence de drogue. À titre d'exemple, il a mis en avant le programme DRUID, financé par l'UE, et destiné à mettre au point un dépistage universel pour les drogues, comme cela existe pour l'alcool. « Il faut interdire toute prise de drogue par un conducteur. Des jeunes qui ont fumé un joint peuvent, sans s'en rendre compte, présenter des risques majeurs », a rappelé M. Barrot. Le dernier point sur lequel a insisté le commissaire est le lancement, avant l'été prochain, d'une vaste campagne contre les méfaits de la drogue, à laquelle seront conviées des personnalités connues de la chanson ou du cinéma. Le plan d'action « drogue » de l'UE (2009-2012) sera présenté prochainement au Conseil de l'UE et devrait être approuvé avant la fin de l'année. (B.C.)