Bruxelles, 18/09/2008 (Agence Europe) - Les incertitudes pesant sur la concrétisation de la facilité exceptionnelle d'appui à l'agriculture des pays en développement via la mobilisation d'un milliard d'euros pour 2008 -2009 sur les ressources non allouées du budget agricole de l'UE seront peut-être bientôt levées. La commission budgétaire du Parlement européen y contribuera en rendant son avis, lundi 22 septembre, sur cette proposition de la Commission, soumise en juillet, pour répondre rapidement aux effets de la crise alimentaire mondiale sur les pays en développement, mais qui requiert l'accord de l'autorité budgétaire de l'UE (EUROPE n° 9707). Dans l'hypothèse où la commission budgétaire donnerait son feu vert, il restera à convaincre les États membres récalcitrants pour que cette facilité, saluée dans son principe, mais critiquée dans ses modalités juridiques, puisse voir le jour.
En attendant le verdict de l'autorité budgétaire, députés européens spécialistes du développement et experts internationaux ont réaffirmé leur soutien à cette initiative, à l'occasion d'une audition publique organisée le 11 septembre à Bruxelles par la commission du développement du Parlement européen. Selon Gay Mitchell (PPE-DE, irlandais), rapporteur pour ce dossier, une partie du milliard d'euros devra servir à acheter de la nourriture aux populations car les stocks de grain n'ont jamais été si bas. Mais la plus grande partie ira à l'achat de semences et de fertilisants pour aider ces pays à développer leur propre production alimentaire, a-t-il rappelé.
« Il faut aller vite et prendre des décisions, même si un milliard d'euros ne va pas résoudre la crise alimentaire », a déclaré Josep Borrell (PSE, espagnol), président de la commission développement.
En dépit du soutien qu'il apporte à la proposition, Jacques Diouf, directeur général de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), estime, lui, qu'il est déjà trop tard pour la campagne de plantation dans l'hémisphère Sud. « Nous aurons une deuxième occasion en septembre/octobre dans l'hémisphère Nord. Mais il faut aller vite », précise-t-il. Josette Sheeran, directrice exécutive du Programme alimentaire mondial, juge, quant à elle, que « cette facilité est une bonne idée au bon moment », puisque la durée estimée de la crise alimentaire actuelle est de trois ou quatre ans, selon le PAM.
Au nom de la commission budgétaire qu'il préside, Reimer Böge (PPE-DE, allemand) regrette que la Commission européenne ait compliqué la procédure avec cette proposition. L'avis de la commission juridique sera rendu le 22 septembre, avant que la commission du développement ne se prononce le 7 octobre. La majorité qualifiée sera requise en session plénière pour que la proposition puisse être approuvée par le Parlement. « Au Conseil, les États membres qui sont en faveur de la facilité sont aussi ceux qui consacrent le moins d'argent au développement » en pourcentage de leur PIB, a fait observer Glenys Kinnock (PSE, britannique) en rappelant que, pour la première fois, le niveau de l'aide publique au développement de l'UE a reculé en 2007. Catherine Guy-Quint (PSE, française), rapporteur pour avis de la commission budgétaire, a suggéré qu'à l'avenir soit créé un Fonds européen d'aide alimentaire mondiale sous la forme d'une nouvelle flexibilité qui serait dotée avec les marges excédentaires du budget de l'UE. (A.N.)