Bruxelles, 18/09/2008 (Agence Europe) - La Commission européenne a salué le déroulement des élections législatives au Rwanda, marquées par un taux de participation élevé (98,5%), mais aussi par l'absence de candidats de l'opposition. Le scrutin avait commencé lundi dernier par l'élection directe de 53 députés issus des partis politiques. En remportant 42 sièges en jeu, la coalition au pouvoir, qui associe le Front patriotique rwandais (FPR) du président Paul Kagame à six petits partis, a déjà obtenu la majorité absolue (l'Assemblée nationale rwandaise compte 80 députés en tout). La suite du scrutin, qui se déroulait de manière indirecte jusqu'à jeudi, devait permettre aux femmes, aux jeunes et aux handicapés de désigner leurs représentants (les 27 députés restants). La commission électorale publiera les résultats provisoires complets le 22 septembre.
La mission d'observation électorale de l'UE, menée par le parlementaire européen Michael Cashman (PSE, britannique), a constaté des améliorations significatives par rapport aux élections précédentes. Le vote et le dépouillement ont été bien organisés, même si d'importantes mesures en faveur de la transparence auraient pu être prises. Les autorités électorales ont aussi prouvé leur capacité à répondre rapidement à des difficultés qui ont surgi pendant le processus électoral, estiment par ailleurs les observateurs. Des réformes dans les règles de la campagne électorale, un plus grand professionnalisme des médias et des activités de la société civile et un débat pluraliste plus approfondi sont parmi les premières recommandations de la mission de l'UE.
Ces élections « marquent le début d'un important cycle électoral au Rwanda », souligne Benita Ferrero-Waldner, la commissaire européenne aux Relations extérieures. « Par rapport aux élections de 2003, des progrès ont été réalisés notamment dans les domaines de la liberté d'association et de réunion au niveau local. Toutefois, des efforts supplémentaires peuvent encore être faits afin d'améliorer la transparence du processus électoral et la responsabilité », précise-t-elle dans un communiqué publié le 18 septembre.
Son homologue chargé du développement et de l'aide humanitaire, Louis Michel, souligne l'importance de ces deuxièmes élections législatives depuis le génocide de 1994. « Cette deuxième élection législative depuis le génocide au Rwanda a mis en évidence l'importance des mesures en vue de la consolidation de la démocratie au Rwanda. Des progrès importants ont été réalisés, et j'encourage les autorités rwandaises et la population à s'appuyer sur les résultats positifs des élections et à continuer de contribuer en toute confiance à la consolidation d'un pays stable, pacifique et démocratique », explique M. Michel. (A.B.)