Bruxelles, 06/06/2008 (Agence Europe) - Le métier d'agriculteur devrait attirer davantage de jeunes gens pour assurer la relève des générations et dynamiser le secteur agricole, a souligné le Parlement européen, en adoptant, jeudi 5 juin à Bruxelles, le rapport d'initiative de Donato Tommaso Veraldi (ADLE, italien) sur l'avenir des jeunes agriculteurs dans le cadre de la réforme en cours de la politique agricole commune (PAC). Les députés préconisent notamment que le « bilan de santé » de la PAC soit mis à profit pour renforcer les soutiens à l'installation et à la formation des jeunes agriculteurs, subvenir à leur endettement élevé et régler les problèmes de transmission des exploitations.
Selon Eurostat, plus de la moitié des exploitations européennes sont dirigées par des agriculteurs de plus de 55 ans. Les agriculteurs de moins de 35 ans ne représentent dans la Communauté que 7,6% des exploitants. Plus particulièrement, en Autriche et en Allemagne, les jeunes agriculteurs représentent 17% de l'ensemble; en Finlande et en Belgique, plus de 14%; en France et en Irlande, autour de 12%. Ce sont les pays méditerranéens qui affichent le plus bas niveau de présence de jeunes agriculteurs, notamment le Portugal (3,7%) et l'Italie (5,2%). Le PE demande que la PAC ait aussi pour objectif de supprimer les obstacles auxquels se heurtent les jeunes pour accéder à l'activité agricole, en faisant de la relève des générations une priorité.
Aides à l'installation. Les parlementaires préconisent notamment: - la réévaluation des primes d'installation qui n'ont pas été revues depuis des années ; - le relèvement du plafond communautaire limitant les aides à 55 000 euros et un allongement de la durée de mise aux normes après installation à cinq ans au lieu de trois ; - l'inscription des aides aux jeunes agriculteurs prévues dans la législation relative au développement rural parmi les mesures devant figurer obligatoirement dans les programmes des États membres ; - la mise en place de mesures spécifiques pour les installations en société; - l'introduction de plus de souplesse dans les procédures d'installation et de transmission des exploitations ; - la création d'un fonds de réserve spécifique pour aider les jeunes agriculteurs à surmonter des événements imprévisibles lors de leur installation, tels qu'un grave événement climatique endommageant les récoltes ou une forte hausse des charges ; - et la mise en place d'un observatoire européen de l'installation et de la transmission des exploitations agricoles et des territoires ruraux.
Pour poursuivre l'objectif de cohésion territoriale de l'Union, le PE souligne qu'il est « vital » de favoriser l'installation de jeunes agriculteurs dans les zones à handicap naturel permanent (îles et montagnes).
Remédier aux difficultés d'accès aux crédits. Il est demandé à la Commission et aux États membres de trouver des solutions au problème de l'endettement élevé des jeunes agriculteurs. Le PE préconise d'examiner les dispositifs offrant aux nouveaux agriculteurs un capital de démarrage à taux préférentiel. La Commission est invitée à présenter une proposition pour aider les jeunes agriculteurs à supporter la charge des intérêts qu'ils doivent rembourser après l'achat de leurs exploitations.
Favoriser la transmission d'exploitation au-delà du cercle familial. Le PE estime qu'une politique permettant de donner la priorité aux jeunes qui s'installent dans l'attribution des terres doit être mise en place et qu'une législation visant à faciliter la transmission des exploitations à des parties hors du cercle familial doit être envisagée. Il considère par ailleurs que les mécanismes nationaux de retraite anticipée ne devraient être mobilisables que si l'exploitation de l'agriculteur partant à la retraite est reprise par un jeune agriculteur.
Les députés soulignent l'intérêt économique et environnemental de l'Union à soutenir davantage la formation des agriculteurs tout au long de leur vie professionnelle. Ils encouragent les programmes favorisant la mobilité de ceux-ci au sein de l'Union (dont Leonardo). Ils estiment nécessaire de mettre en place un programme d'échange des bonnes pratiques entre eux. Enfin, le PE souligne que le secteur agricole représente le seul exemple d'activité économique capable de capter du dioxyde de carbone. (L.C.)