Bruxelles, 06/06/2008 (Agence Europe) - A quelques jours du coup d'envoi de l'Euro 2008, la commission des droits de la femme du Parlement européen a tenu à renouveler sa campagne « Carton rouge à la prostitution forcée » lancée avec succès lors de la Coupe du Monde de Football en Allemagne en 2006. Sa présidente, Anna Záborská (PPE-DE, slovaque), a rappelé mercredi 4 juin, devant la presse que des centaines de milliers de jeunes femmes en sont encore victimes chaque année, et que certains pays considèrent encore cette activité comme un métier. « Il faut se baser sur la prévention et sensibiliser la société » avec des campagnes comme celle menée en Autriche, a-t-elle ajouté. Malgré une absence de données chiffrées fiables, le plan d'action relatif à la traite des êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle prévoit une « formation accrue dans les écoles de police, un budget plus important pour Europol, [ainsi] qu'une coopération transfrontalière renforcée », a précisé l'élue slovaque.
« Le plan d'action a-t-il été mis en œuvre ? Celui-ci a-t-il été efficace ? Quelles ont été les mesures prises par les États membres et ont-ils correctement transposé la directive 2004/81/CE ? » sont autant de questions qu'a posées Mme Záborská mercredi en plénière au Commissaire Lazlo Kovács. « Malgré des résultats encourageants, la situation n'est pas encore satisfaisante en ce qui concerne la poursuite des criminels et l'assistance aux victimes », a admis celui-ci, tout en rappelant le refuge que constitue la directive 2004/81/CE pour les victimes de ces trafics illégaux. L'élue estonienne Siiri Oviir (ADLE) s'est quant à elle inquiétée des risques liés à l'élargissement de l'espace Schengen, alors que d'autres, comme l'élue suédoise Eva-Britt Svensson (GUE/NGL), ont souligné le fait que « les hommes devraient être davantage impliqués dans les campagnes de prévention » en soutien à ces « femmes et ces enfants sexuellement maltraités, battus, menacés et exploités ». (A.D.)