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Bulletin Quotidien Europe N° 9677
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/États-unis

Le sommet du 10 juin accouchera d'une « déclaration commune » plutôt minimaliste, notamment sur le changement climatique

Bruxelles, 06/06/2008 (Agence Europe) - Le Sommet UE/États-Unis qui se tiendra mardi 10 juin à Brdo (Slovénie) en présence de George W. Bush (ce sera son dernier sommet) débouchera sur une « déclaration commune » très consensuelle qui mettra en avant le « développement positif » des relations transatlantiques plutôt que de mettre en lumière les divergences de vues très réelles qui existent sur certaines questions importantes, tels que le changement climatique ou la politique des visas, ont laissé entendre vendredi des sources de la Commission européenne. La déclaration de Brdo fera néanmoins le point sur tous les sujets qui seront évoqués par les dirigeants, à savoir: - état des relations transatlantiques. Il y aura notamment la présentation du premier rapport après la mise en place, en 2007, du Conseil économique transatlantique (TEC) qui doit aider à abolir les obstacles non-tarifaires aux échanges et aux investissements entre l'UE et les États-Unis ; - extension du « visa waiver programme » (VWP) à tous les pays de l'UE; - changement climatique ; - sécurité énergétique ; - cycle de Doha (OMC); - lutte contre le terrorisme ; - programme nucléaire iranien ; - Syrie ; - Russie ; - Géorgie ; - Balkans occidentaux (en particulier Kosovo) ; - Afghanistan ; - Pakistan ; - Moyen-Orient ; - Amérique Latine (en particulier Cuba, Venezuela, Colombie) ; - Birmanie ; - Afrique.

Sur le changement climatique, peut-être la principale pomme de discorde entre l'UE et l'administration Bush, la déclaration du sommet sera loin d'être aussi ambitieuse que les Européens l'auraient voulu. Ainsi, a expliqué vendredi un haut fonctionnaire de la Commission, Washington s'oppose à ce que le texte reconnaisse l'importance de fixer, sur le plan international, des « objectifs chiffrés » et contraignants pour la réduction des gaz à effet de serre. Les Américains repoussent aussi la demande européenne de reconnaître, dans la déclaration commune, que le niveau maximal (« peak ») des émissions, par rapport à l'année de référence 1990, devrait être atteint d'ici 10 ans et que les émissions devront ensuite diminuer continuellement pour atteindre les objectifs chiffrés à convenir. Enfin, Washington s'est aussi opposé avec succès à ce que la déclaration du sommet reconnaisse que les pays développés doivent être à la tête de la lutte contre le changement climatique. Les États-Unis demandent, en revanche, que des pays comme la Chine, le Brésil et l'Inde prennent les mêmes engagements qu'eux. En raison de toutes ces divergences, la déclaration du sommet se limitera très probablement à rappeler l'importance d'un accord international sous les auspices de l'ONU en 2009. La future politique climatique américaine sous la présidence de John McCain ou de Barack Obama est difficilement prévisible, affirme le fonctionnaire de la Commission qui note toutefois que les deux candidats semblent être favorables à la fixation d'objectifs chiffrés.

A propos du cycle de Doha (OMC), ce sont plutôt les Européens qui freinent. Washington a proposé que la déclaration du sommet note l'urgence de parvenir, « coûte que coûte », à un accord à Genève encore avant la fin de cette année et le départ de M. Bush, explique le fonctionnaire de la Commission. « Je pense que l'UE s'opposera à une telle formulation », car le résultat des négociations doit être à la hauteur de nos attentes, dit-il.

De manière générale, la Commission note que le deuxième mandat du président Bush a été beaucoup plus propice au développement des relations transatlantiques, étant donné que l'administration américaine est devenue « moins unilatérale ». « Depuis 2005, les Américains ont beaucoup plus systématiquement demandé notre opinion et notre soutien », explique le fonctionnaire européen. Depuis un an, l'élan est toutefois légèrement retombé car l'administration Bush, dominée par un Congrès à majorité démocrate, est devenue un « canard boiteux ». (H.B.)

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