Bruxelles, 04/06/2008 (Agence Europe) - Dans un rapport sur les activités de la Banque centrale européenne (BCE) en 2007, la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen souligne le « travail excellent » de l'institution de Francfort dans la gestion des turbulences financières apparues l'été dernier. Cette évaluation positive des députés s'accompagne d'une série de recommandations, appelant notamment à la prudence concernant une éventuelle hausse des taux d'intérêt. Adopté mardi 3 juin, le rapport d'initiative d'Olle Schmidt (ADLE, suédois), tel qu'amendé, souligne que toute réévaluation des taux devrait être envisagée « avec prudence pour ne pas mettre en danger la croissance économique ».
Les députés prennent note de l'appréciation de l'euro, notamment vis-à-vis du dollar américain, et demandent à la BCE de « contrôler cette évolution et de prendre des mesures si elle le juge nécessaire ». BCE, Eurogroupe et Commission sont invités à accroître leur coordination sur la question des taux de change. Renouvelant un appel à plus de transparence de la BCE, les députés ne réclament plus la publication des minutes des réunions du Conseil des gouverneurs, mais souhaitent savoir à l'issue de chaque réunion si un consensus a été obtenu facilement ou bien si des divergences ont persisté. Déçus par le faible suivi accordé à ses recommandations par la BCE, ils lui demandent de fournir un résumé annuel des mesures prises pour améliorer sa performance en matière de transparence. Avec l'arrivée de la Slovaquie au 1er janvier 2009, la zone euro comptera 16 membres, ce qui implique une révision des règles de vote du Conseil des gouverneurs. Selon les statuts de la BCE, à partir du moment où la zone euro compte plus de quinze membres, le nombre de gouverneurs de banques centrales nationales disposant d'un droit de vote au sein du Conseil des gouverneurs sera en effet limité à quinze. Les gouverneurs exerceront alors ce droit selon un système de rotation, qu'il convient maintenant de préciser soulignent les députés.
La commission parlementaire souligne aussi « la nécessité accrue d'une coopération entre les banques centrales et les autorités de surveillance, afin de préserver la stabilité sur les marchés financiers (…) » et souhaite que la BCE joue « un rôle actif dans les différentes enceintes débattant de modifications dans la surveillance, telles que le réexamen du cadre Lamfalussy ». Et le rapport de plaider pour un cadre de supervision financière au niveau de l'UE, qui implique étroitement la BCE. En dépit des mises en garde de la BCE et de la Réserve fédérale sur les risques de la crise provoquée par les marchés hypothécaires, les députés constatent que les marchés financiers n'ont pas été en mesure de réagir avec efficacité. Ils demandent ainsi à la BCE « d'analyser cette réaction et suggèrent une amélioration de la corrélation entre ce type de mises en garde anticipatives et les réactions du marché » et l'invitent à examiner de quelles compétences elle doit disposer pour améliorer une surveillance macro-prudentielle dans la zone euro. Le rapport sera débattu lors de la plénière de juillet. (A.B.)