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Bulletin Quotidien Europe N° 9669
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/dÉveloppement

Le Conseil réaffirme l'engagement de l'UE de doper son aide et encourage les états membres à adopter des calendriers multiannuels indicatifs

Bruxelles, 27/05/2008 (Agence Europe) - Le recul historique du niveau de l'aide publique au développement européenne (APD), tombée à 0,38% du PNB en 2007 (après une excellente année 2006), a été sur la sellette, le 27 mai à Bruxelles, lors d'une réunion des ministres du Développement consacrée, pour une large part, au rôle de l'UE comme partenaire global du développement, en vue de la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Si le Conseil se dit préoccupé par le retard pris par l'Afrique subsaharienne, il demeure confiant dans la possibilité de relever le défi de réduire de moitié la pauvreté dans le monde dans les sept années à venir, pour peu qu'une action concertée soit entreprise sans délai et de manière soutenue.

« Nous avons décidé d'intensifier les efforts pour atteindre les OMD le plus rapidement possible. Les ministres sont convenus que l'UE, premier bailleur de fonds au monde, doit continuer à jouer un rôle de chef de file dans cette dynamique de l'aide. Nos conclusions seront la rampe de lancement des discussions lors du Conseil européen de juin », a déclaré à la presse le ministre slovène Andres Ster, président du Conseil, à l'issue des travaux. Si l'UE est sur la bonne voie, des efforts supplémentaires sont requis pour être à la hauteur des besoins qui s'intensifient dans les pays en développement en situation de plus en plus précaire, a ajouté le président, confiant que « les États membres vont préparer leur programmes multiannuels à long terme ».

Évoquant la discussion qu'ont eue les ministres avec Jacques Diouf, directeur général de la FAO et un représentant du Programme alimentaire mondial, M. Ster a cité les deux voies d'action identifiées par le Conseil pour atténuer l'impact de la crise alimentaire mondiale sur les pays en développement: « un engagement immédiat à court terme par des ressources financières », et « des mesures structurelles nécessitant un engagement sur le long terme ».

Au nom du Commissaire Michel (en partance pour une conférence sur l'Afrique au Japon), Stefano Manservisi, directeur général du Développement, a salué les « messages d'engagement » du Conseil garants de la capacité de l'UE à conserver son rôle de leader, tant pour la quantité que la qualité de l'aide. C'est, selon lui, essentiel, dans la perspective du Forum de haut niveau de l'OCDE (Accra, 2-4 septembre) et des conférences de l'ONU (New York, 25 septembre, et Doha, 29 novembre-2 décembre) où sera dressé le bilan à mi-parcours des progrès réalisés vers les OMD.

Dans un contexte de crise alimentaire mondiale qui frappe au premier chef les populations des pays les plus pauvres du monde, c'est à l'unanimité que le Conseil a reconfirmé avec force l'engagement souscrit par l'UE de porter collectivement à 0,56% du PNB le niveau moyen de son APD en 2010 (ce qui signifie un doublement annuel de l'aide pour atteindre plus de 66 milliards d'euros en 2010) en vue d'atteindre 0,7% en 2015, précise le Conseil. Mais la volonté de se donner les moyens de cette ambition par un système contraignant de contrôle des progrès réalisés, année par année, n'a pas fait l'unanimité. Le souhait du Commissaire européen Louis Michel que les États membres s'engagent fermement sur des calendriers pluriannuels pour 2010-2015 (EUROPE n° 9639) s'est heurté aux contraintes budgétaires de certains grands États membres (comme la France, l'Allemagne, ou encore le Portugal qui, en 2007, a consenti un effort sans précédent d'assainissement de ses finances publiques) et aux réticences de certains nouveaux États membres (Estonie en tête, soutenue par la Pologne, la Lettonie et la Roumaine). Ces derniers ont du mal à « vendre » l'aide publique au développement à leur opinion publique et ne sont pas aidés dans cette tâche si l'UE les « coince » dans des calendriers, année par année. L'incapacité du Conseil à surmonter ce problème de fond était connue dès l'entame du débat ministériel.

Dans ses conclusions, le Conseil se contente d'« encourager fortement » les États membres à établir dès que possible des calendriers multiannuels indicatifs et révisables illustrant la manière dont ils comptent parvenir à atteindre leurs objectifs d'APD respectifs dans le cadre de leurs procédures budgétaires. Ce faisant, le Conseil a entériné le compromis proposé par la Présidence slovène, en revoyant à la baisse les exigences des pays initialement partisans d'un langage plus ferme pour assurer la prévisibilité des efforts d'une année sur l'autre (Danemark, Irlande, Luxembourg, Finlande, Suède, Royaume-Uni). Le Conseil invite en outre la Commission européenne à inclure dans son rapport régulier de suivi du processus de Monterrey (lieu où se tint la Conférence de l'ONU sur le financement du développement, en 2002), les informations sur l'établissement et la mise en œuvre de ces calendriers indicatifs. Un mécanisme qui ouvre la voie à la formulation, par la Commission, de critiques sur les performances des États membres. Cette avancée est à porter au crédit de Jean-Louis Schiltz, ministre du Luxembourg, pays parmi les champions de l'aide (avec la Suède, le Danemark et les Pays-Bas), qui assurait la Présidence du Conseil en 2005 quand furent pris les engagements de l'UE de doper son APD. Estimant que les performances de 2007 ne sont pas conformes aux engagements de 2005, et qu'il faut des tableaux de progression multiannuels pour ceux qui n'atteignent pas leur objectif, le compromis avalisé est, à ses yeux, le minimum acceptable.

Louis Michel est du même avis. « Nous avons échoué à augmenter notre aide l'an dernier. Comment prouver que nous tiendrons nos promesses pour 2010 ? Certains (comme l'Espagne: NDLR) ont adopté un calendrier pluriannuel. Nous espérons qu'ils seront suivis par d'autres. Le compromis ne me satisfait guère, mais je peux l'accepter », a dit le commissaire aux ministres.

Devant la presse, Leire Pajin, secrétaire d'État espagnol au Développement, s'est dite « déçue », mais elle compte sur le Conseil européen des 19 et 20 juin pour redresser la barre. (A.N.)

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