login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9669
AU-DELÀ DE L'INFORMATION /

Je voudrais, pour conclure, rassurer les lecteurs qui pourraient avoir l'impression que le commentaire qui précède est trop influencé par les adversaires de la mondialisation ou par des idées d'extrême gauche. Je le fais en laissant la parole à Valéry Giscard d'Estaing, l'un des pères de l'euro et ancien président de la Convention qui a élaboré le projet de Traité constitutionnel.

En s'exprimant la semaine dernière à l'occasion du Forum Economique de Bruxelles, il a déclaré: « On pourrait s'étonner que la profession bancaire, plutôt portée à donner des leçons, soit en réalité un maillon faible de notre système et qu'elle entraîne périodiquement les grands États dans des crises financières de grande ampleur, compromettant pour un temps la bonne marche de l'économie. Ce serait mal connaître les hommes et notamment les banquiers. Nombreux sont ceux d'entre eux qui se damneraient volontiers pour quelques points de base sur les taux d'intérêt. Après des siècles de compétition, les financiers ont obtenu, dans toutes les nations évoluées, que le pouvoir monétaire soit retiré aux États et aux hommes politiques, jugés incapables d'une bonne gestion, et ils se sont appliqués, avec un réel talent, à créer ce qu'on appelle les bulles, façon artistique de faire de la fausse monnaie.

Une nouvelle approche réglementaire est indispensable pour mettre de la raison et de la sécurité dans ce que j'appelle le casino bancaire, qui est éloigné du métier de base des banques qui consiste à financer l'investissement, la production et les échanges. J'entends déjà les protestations indignées contre cette atteinte portée aux libertés fondamentales». Face aux perturbations, « la zone euro est en partie protégée des hausses des prix, pratiquement fixés en dollar, par la stabilité remarquable de sa monnaie. Elle apparaît comme un lot de rationalité: notre commerce extérieur n'est pas déséquilibré, l'euro est une monnaie sûre. Une monnaie sûre est aussi un fait économique, sociologique, culturel et évidemment politique (…) Il est clair qu'une intervention politique est souhaitable de la part de la zone euro pour conduire les États-Unis ou la Chine à modifier, si peu que ce soit, leurs comportements financiers ou monétaire ». Mais l'Europe doit parler d'une seule voix, ce qui pourra devenir possible avec le Traité de Lisbonne. L'euro pourra alors apparaître comme une monnaie citoyenne. Le citoyen européen doit être fier de sa monnaie. Pour le moment, il s'en sert, ce qui n'est pas la même chose, ou il s'en plaint, en lui imputant des effets imaginaires ou exagérés ».

En s'adressant aux personnalités qui l'écoutaient (dont le commissaire européen Joaquín Almunia), il avait conclu: « D'importants problèmes vous attendent. C'est vous qui devrez répondre aux questions qui vont se poser. C'est une responsabilité lourde mais ô combien stimulante ».

(F.R.)

 

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
SUPPLÉMENT