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Bulletin Quotidien Europe N° 9632
Sommaire Publication complète Par article 41 / 42
SUPPLEMENT HEBDOMADAIRE / Bibliothèque européenne

N° 772

*** WILLIAM A. PELZ: Against Capitalism. The European Left on the March. Peter Lang (29 Broadway, 18th floor, New York, NY 10006. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ). Collection "Studies in Modern European History", n° 52. 2007, 159 p., 30,80 €. ISBN 978-0-8204-6776-4.

L'historien William Pelz propose, avec cet ouvrage, une lecture critique de quelques pages d'histoire, plus particulièrement celles liées à l'avènement du socialisme européen à la fin du 19ème siècle et début du 20ème siècle. Agacé par le fait que les améliorations du niveau de vie et les droits politiques reconnus aux Européens soient souvent présentés comme des bienfaits du capitalisme industriel, l'auteur s'emploie à démontrer que c'est grâce aux efforts de millions de personnes partageant l'idéal socialiste que les décideurs de l'époque ont été contraints à concéder, par exemple, les élections parlementaires libres ou la sécurité sociale. A cette fin, il rappelle et analyse l'histoire de ce mouvement, des événements de la Commune de Paris en 1871 jusqu'en 1921, date à laquelle il considère que la gauche radicale a échoué.

Etudiant, dans un premier temps, les événements déclencheurs de la Commune qui, bien qu'ayant été écrasée, a inspiré des générations de gens de gauche par la suite, l'auteur couvre ensuite les diverses péripéties qui vont conduire à la naissance des premiers partis socialistes - et, aussi, à leur interdiction dans certains pays. Résolument révolutionnaire au début, le mouvement va connaître ses premières dissensions peu avant la Première Guerre mondiale, les débats révisionnistes nés en Allemagne le poussant à s'assagir alors que le mouvement se scinde en Russie, sans oublier les querelles avec les anarchistes et les syndicalistes. Ces évolutions ont fait que la gauche européenne est entrée dans le 20ème siècle particulièrement divisée. Un chapitre est précisément consacré à ce siècle qui verra d'abord la gauche confrontée au colonialisme et à l'impérialisme, au moment même où le Tsar Nicolas II doit faire face à des grèves massives et assiste à la naissance des soviets en Russie, la révolution bolchévique et l'abdication - la mort aussi - l'attendant au bout du chemin. C'est également le temps de la guerre contre laquelle la gauche s'oppose fermement, notamment lors de la rencontre de Zimmerwald, mais en vain. L'auteur montre que cette guerre n'a pas cessé de diviser les organisations radicales et qu'elle a même failli aboutir à une réédition de la prise de pouvoir des bolchéviques en Allemagne lors des mutineries de 1917. Cette révolution ratée, suscitée par les atrocités de la guerre, a fait tache d'huile jusqu'en Autriche, en France, en Irlande et en Angleterre, bien que, hormis en Autriche, les autorités ont rapidement pu étouffer la rébellion dans l'œuf. L'auteur analyse en outre les répercussions de la "grande guerre" en Italie où l'absence d'opportunisme de la part du parti socialiste italien a engendré un vide de pouvoir dont Mussolini allait bientôt profiter.

Cet ouvrage mérite d'être lu par toute personne intéressée par l'histoire et/ou par le communisme. Avec talent, son auteur invite, en tout cas, à reconsidérer les visions révolutionnaires des origines qui, qu'on le veuille ou non, ont contribué à façonner la société européenne contemporaine.

Nuno Duarte

*** JAN VAN DER HARST (sous la dir. de): Beyond the Custom's Union: The European Community's Quest for Deepening, Widening and Completion, 1969-1975. Etablissements Emile Bruylant (67 rue de la Régence, B-1000 Bruxelles. Tél.: (32-2) 5129842 - fax: 5119477 - Internet: http://www.bruylant.be ). Collection "Groupe de liaison des historiens auprès de la Commission européenne", n° 11. 2007, 408 p.. ISBN 978-2-8027-2428-5.

Profitant d'archives récemment rendues accessibles au public, cet ouvrage est centré sur les grands bouleversements vécus par la Communauté européenne entre 1969 et 1975. Il s'agit ici de déterminer à quel point les ambitions affichées au Sommet européen de la Haye de 1969 - à savoir le fameux triptyque "achèvement, approfondissement et élargissement" proposé par Georges Pompidou - ont été rencontrées. Au total, seize contributions reviennent sur cette "période d'espoir et de désillusion" et tentent d'offrir "de nouveaux aperçus des événements historiques qui se sont déroulés durant les années étudiées". Les différentes crises de l'époque - énergie, chômage, retour au protectionnisme étatique, instabilité monétaire, relations tendues avec les Etats-Unis, conflits entre Etats membres - sont donc étudiées ici sous un jour nouveau, laissant également une place importante aux avancées effectuées. Ainsi, comme le souligne Jan van der Harst dans son introduction, "certains des problèmes européens de l'époque étaient moins sombres que ce que la littérature supposait souvent", tandis que l'on assistait à l'émergence de la sphère publique européenne et que de nouvelles formes de coopération entre les Etats membres se développaient: politiques régionale, sociale et éducationnelle, ou encore tentative de construire un modèle culturel européen. Cet ouvrage contribue sans aucun doute à éclairer l'une des périodes clés de l'histoire de la construction européenne.

(TBa)

*** ERIKA SZYSZCZAK: The Regulation of the State in Competitive Markets in the EU. Editions Hart Publishing (16C Worcester Place, OX1 2JW, UK. Tél.: (44-1865) 517530 - fax: 510710 - Courriel: mail@hartpub.co.uk - Internet: http://www.hartpub.co.uk ).Collection "Modern Studies in European Law", n° 11. 2007, 293 p.. ISBN 978-1-84113-497-0.

Lors de la signature des Traités de Rome, l'interventionnisme des Etats dans les économies nationales était pratique courante, que ce soit par le biais de subsides ou de monopoles publics. Cet état de fait était tel qu'un article du nouveau traité leur avait alors reconnu ce droit. Dans les années 90, l'Europe s'est toutefois peu à peu tournée vers la libéralisation de ses marchés, elle qui a alors incité ses Etats membres à privatiser leurs entreprises publiques et à se montrer moins présents sur la scène économique afin de laisser libre cours à la concurrence. La Commission a alors mis en place des règles visant à encourager la libre concurrence sur les marchés, tout en se montrant parfois réticente à les utiliser contre les Etats souverains. Le temps aidant, de nouvelles lois promouvant la libéralisation ont vu le jour et les Etats se sont de plus en plus effacés. Composé de huit chapitres, cet ouvrage examine ce processus, ainsi que le rôle et la nature de l'Etat dans les économies actuelles. Professeur de droit de la concurrence et de droit du travail à l'Université de Leicester (elle est aussi professeur Jean Monnet de droit européen ad personam), l'auteur présente, dans un premier temps, un historique du rôle des Etats dans l'activité économique. Elle analyse ensuite l'application des règles de la concurrence contenues dans les articles 81 et 82, avant d'étudier les monopoles d'Etat et l'article 86 créé spécifiquement pour les réglementer. Erika Szyszczak se focalise ensuite sur le processus de libéralisation des marchés et entreprises publics, comme les services postaux ou les télécommunications, avant d'examiner le rôle des aides d'Etat dans les marchés européens. Elle termine en s'intéressant à la relation entre Etats et citoyens, plus particulièrement aux services traditionnellement fournis par les entreprises publiques qui, étant passées dans la sphère privée, font l'objet de toutes les attentions.

(NDu)

*** GIORGIO MONTI: EU Competition Law. Cambridge University Press (The Edinburgh Building, Cambridge CB2 8RU, UK. Tél.: (44-1223) 312393 - fax: 315052 - Internet: http://www.cambridge.org ). Collection "Law in Context". 2007, 527 p.. ISBN 978-0-521-70075-7.

Ecrit spécialement à l'intention des jeunes qui étudient le droit de la concurrence, ce livre imposant explore la législation en la matière de l'Union européenne. Enseignant le droit à la London School of Economics and Political Science, son auteur l'analyse non seulement sous l'angle juridique, mais aussi d'un point de vue économique et politique, ces deux facteurs étant déterminants dans l'évolution de cette législation, tout comme le sont aussi les entités qui ont à l'appliquer et à le faire respecter. Au fil de treize chapitres, Giorgio Monti analyse les différentes dispositions pertinentes en puisant dans les théories économiques qu'il essaie de rendre abordables, d'une part, et en explorant le caractère politique dont elles découlent, de l'autre. L'ouvrage fait appel à une série de cas tirés de l'actualité, chacun étant analysé en détail. Parmi les sujets traités, on trouve notamment les oligopoles, la libéralisation, la concurrence déloyale ou encore la législation relative aux fusions et acquisitions.

(NDu)

*** NICOLAS HAYOZ, SIMON HUG (sous la dir. de): Tax Evasion, Trust, and State Capacities. Peter Lang (1 Moostrasse, CH-2542 Pieterlen. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ). Collection "Interdisciplinary Studies on Central and Eastern Europe", n° 3. 2007, 385 p., 60 €. ISBN 978-3-03910-651-6.

Comment peut-on expliquer qu'une personne donnée accepte ou non de payer des taxes ? Pourquoi cette tendance varie-t-elle d'un Etat à l'autre ? Comme son titre l'indique, cet ouvrage ambitionne de faire le lien entre la fraude fiscale, la confiance et les capacités d'un Etat. Par conséquent, les auteurs de cet ouvrage collectif "ont tenté d'évaluer les progrès effectués en Europe centrale et orientale en matière d'amélioration de la moralité fiscale". C'est que, si de grands efforts ont été fournis en vue et depuis l'entrée de ces pays dans l'Union européenne, Nicolas Hayoz et Simon Hug, professeurs universitaires de Science politique en Suisse, estiment que certains d'entre eux baignent encore dans une "culture de méfiance impliquant aussi une culture de fraude fiscale". La collecte des taxes y demeure difficile, particulièrement en matière d'impôt sur le revenu, et les pouvoirs publics peinent à y remédier. Dans une tentative de déterminer la voie à adopter par ces pays pour améliorer cette situation, leur analyse politique et sociologique s'accompagne d'une étude de cas menée sur des pays comme la Russie ou la Suisse. Résultat: l'efficacité du système fiscal, la bonne gouvernance, la démocratie, la capacité de coercition ou encore la production d'un juste retour en termes de biens publics semblent être autant d'ingrédients aidant à l'avènement d'une haute moralité face aux taxes. Quant à l'existence d'une recette miracle, les auteurs semblent sceptiques, concluant que "les expériences de fraude fiscale et leurs liens avec la confiance et les capacités de l'Etat sont très diverses".

(TBa)

*** ANTOINE PELLION: Renouveler la production d'énergie en Europe: un défi environnemental, industriel et politique. Fondation Robert Schuman (29 bld Raspail, F-75007 Paris. Tél.: (33-1) 53631596 - fax: 53638301 - Courriel: info@robert-schuman.eu - Internet: http://www.robert-schuman.eu ). Collection "Notes de la Fondation Robert Schuman", n° 43. 2008, 93 p., 10 €.

Dans l'Union, la problématique énergétique ne cesse de monter en puissance, quasiment au rythme de la hausse du baril de pétrole. Dans cette étude aussi courte que dense, Antoine Pellion part du principe que ce défi ne pourra être relevé avec efficacité qu'à l'échelle européenne. Dans ce contexte, la création d'un marché européen de l'énergie constitue une première avancée, mais elle est insuffisante: pour l'auteur, l'Union devra l'accompagner impérativement d'une véritable politique industrielle dans ce secteur, ce qui implique l'élaboration d'une stratégie européenne associant les pouvoirs publics et les industriels. Cette stratégie ne pourra faire l'économie de choix énergétiques clairs entre les différentes sources et technologies développées par les Etats membres, raison pour laquelle l'Union doit, selon l'auteur, définir des orientations cadre afin d'optimiser et de coordonner l'action des Etats membres. Dans le même esprit, argue Antoine Pellion, l'Union européenne doit faire progresser l'évaluation et l'acceptation des différentes technologies, de façon à ce que chacune apporte sa contribution optimale au mix énergétique européen, quelles que soient les préférences de chaque Etat membre sur son propre territoire.

(PBo)

*** BERNARD DEFLESSELLES, MICHEL DELEBARRE: Galileo: un pilier majeur de la puissance scientifique et technologique de l'Europe. Délégation pour l'Union européenne de l'Assemblée nationale (Boutique de l'Assemblée nationale, 7 rue Aristide Briand, F-75007 Paris. Tél.: (33-1) 40630033 - Internet: http://www.assemblee-nationale.fr ). Collection "Rapport d'information", n° 440. 2007, 71 pages, 3,50 €. ISBN 978-2-11-122772-9.

Ce Rapport d'information analyse le processus qui a été amorcé suite à la décision de l'Union, voici une dizaine d'années, de mettre en œuvre une stratégie dans le domaine de la radionavigation par satellite à travers les programmes Egnos et Galileo, destinés l'un à améliorer le GPS américain, l'autre à s'en rendre indépendant. Après avoir rappelé que le calendrier initialement prévu n'a pu être respecté en raison de dysfonctionnements et de l'échec du partenariat public-privé, les deux parlementaires français analysent les propositions avancées par la Commission en vue de relancer les programmes, en particulier pour ce qui est des modalités de financement des dépenses supplémentaires de 2,4 milliards d'euros et de la passation des marchés publics futurs. En se félicitant des compromis intervenus sur cette base, les auteurs soulignent en conclusion que la Commission et les Etats membres se doivent désormais de mettre en œuvre un cadre propre à tirer le profit maximum de ce marché qui s'annonce considérable.

(MT)

*** EMILE BLESSIG, JACQUES MYARD: Ne jouons pas avec les jeux: pour une politique maîtrisée. Délégation pour l'Union européenne de l'Assemblée nationale (voir coordonnées supra). Collection "Rapport d'information", n° 693. 2008, 135 p., 5 €. ISBN 978-2-11-124367-5.

C'est peu de dire que l'arrêt par lequel la Cour de justice a décidé de faire prévaloir le respect de la libre prestation des services dans le domaine du jeu a provoqué des grincements de dents dans certaines capitales, la décision de la Commission d'ouvrir, sur la base de cette jurisprudence, des procédures en infraction contre plusieurs Etats membres soupçonnés de vouloir protéger leurs monopoles n'ayant rien arrangé à l'affaire. Dans ce Rapport d'information, deux députés français plaident en faveur d'une politique des jeux maîtrisée, fondée sur l'encadrement strict de l'ouverture des systèmes nationaux et sur la mise en œuvre d'une réelle politique de prévention du jeu pathologique.

(PBo)

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