Bruxelles, 31/03/2008 (Agence Europe) - La relance du nucléaire prônée par le Premier ministre britannique Gordon Brown, lors de la visite officielle du président français Nicolas Sarkozy la semaine dernière à Londres, a suscité une vive réaction des Verts au Parlement européen. « L'appel de M. Brown pour l'expansion du programme nucléaire britannique semble venir d'un autre monde. Le Royaume-Uni a une montagne de déchets radioactifs dont il ne sait que faire. Colossaux, les coûts financiers s'élèvent déjà à près de 100 milliards d'euros. Les sites de retraitement des déchets et de production de plutonium à Sellafield, qui étaient censés être générateurs de revenus, ont en réalité fait capoter tout le montage financier de cette filière de gestion des déchets. Il ne reste absolument aucune infrastructure industrielle au Royaume-Uni pour construire les principaux composants des centrales nucléaires », déplorent dans un communiqué le président du groupe, l'Allemand Daniel Cohn-Bendit, et le spécialiste sur les questions énergétiques, le Luxembourgeois Claude Turmes. « Le partenaire français ne fait guère mieux. Après 2 ans et demi de travaux, la construction du premier réacteur EPR en Finlande a plus de 2 ans de retard et affiche un surcoût de 50%, soit 1,5 milliard d'euros », ajoutent-ils avant de conclure: « des goulets d'étranglement dans la capacité de construction, le manque de personnel qualifié, des retards répétés et des surcoûts excessifs caractérisent la situation actuelle de l'industrie nucléaire dans le monde, et la situation est pire au Royaume-Uni que dans tous les pays nucléarisés. Londres fait donc preuve d'un manque total de bon sens. L'investissement de la même quantité d'argent dans l'efficacité énergétique et les renouvelables serait plus efficace et générerait plus d'emplois ». (E.H.)