Bruxelles, 31/03/2008 (Agence Europe) - Le Conseil européen des réfugiés et exilés (ECRE) a dénoncé, lundi 31 mars, le mécanisme de Dublin, qui prévoit comme règle générale que le premier Etat membre d'entrée d'un demandeur d'asile est celui qui examine la demande, le jugeant inadéquat. « Le système de Dublin est inhumain, cher, et ne permet pas de faire avancer l'harmonisation des pratiques relatives à l'asile dans l'UE », a déclaré le secrétaire général de l'ECRE, Bjarte Vandvik, dans un communiqué, à la suite de la publication d'un rapport intitulé « Partage de la responsabilité pour la protection des réfugiés en Europe ». « Aussi longtemps que le système de Dublin perdurera, l'Europe ne pourra pas construire un véritable système commun d'asile », a-t-il ajouté, alors que plusieurs ministres de l'UE étaient réunis lundi, à Ljubljana, pour discuter, dans le cadre du groupe « Futur », de l'avenir de la politique d'asile européenne (EUROPE n° 9629). Dans son rapport, l'ECRE soutient que l'actuel régime transgresse les droits des réfugiés, en plus d'être erroné car chaque Etat membre doit normalement fournir un niveau équivalent de protection, ce qui est loin d'être la réalité. Pendant que les Etats s'évertuent à déterminer leur part de responsabilité, les demandeurs d'asile attendent pendant des mois et certaines requêtes ne sont jamais examinées. De plus, les différents taux de reconnaissance de statut de réfugié créent une « loterie de l'asile », comme c'est le cas pour les Irakiens (voir autre nouvelle). Pour tenter de remédier aux imperfections du système, l'ECRE propose d'identifier l'Etat membre responsable d'une demande d'asile au regard des facteurs de proximité que peuvent avoir l'individu et l'Etat membre. De tels facteurs pourraient inclure les relations familiales lointaines, la connaissance d'une langue, des compétences professionnelles qui correspondent aux besoins économiques du pays d'accueil. Au-delà de son côté déloyal, l'ECRE considère aussi que le système de Dublin est peu efficace, notamment à cause des coûts élevés - plusieurs millions d'euros - qu'il engendre dans les Etats membres. Il en résulte que la plupart des transferts de demandeurs ayant fait l'objet d'un accord ne sont jamais mis en œuvre, selon l'ECRE. Enfin, le système de Dublin fait peser davantage de responsabilités sur les Etats membres situés aux frontières extérieures de l'UE, alors même que ceux-ci ont moins de capacité pour gérer les demandes d'asile et pour assurer de bonnes conditions d'accueil. En 2005, la Pologne et la République slovaque ont respectivement vu le nombre de transferts entrants de demandeurs d'asiles augmenter de 19 % et 12 %. La Commission européenne prévoit de présenter, en juillet 2008, un plan d'action pour les années à venir dans le domaine de l'asile, ainsi que l'amendement de trois législations: le règlement Dublin II, le règlement Eurodac et la directive sur les conditions d'accueil pour les réfugiés. Pour plus d'informations sur le rapport: http: //http://www.ecre.org/ (B.C.)