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Bulletin Quotidien Europe N° 9623
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/conseil europeen

Les Vingt-sept lancent « le processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée »

Bruxelles, 14/03/2008 (Agence Europe) - Le président du Conseil européen, Janez Jansa, a annoncé jeudi 13 mars, vers minuit, que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel avaient informé le Conseil européen de leur proposition conjointe visant à créer une Union pour la Méditerranée afin de renforcer le processus de Barcelone. Cette initiative a reçu « un vaste soutien » et les travaux vont pouvoir débuter dans les différentes instances du Conseil, a dit le Premier ministre slovène, pour qui ce changement de nom reflète « une mise à jour du processus ».

Une courte annexe aux conclusions de la Présidence indique que « le Conseil européen a approuvé le principe d'une Union pour la Méditerranée qui comprendra les Etats membres de l'UE et les Etats riverains de la Méditerranée non membres de l'UE ». Le Conseil européen a invité la Commission à présenter au Conseil les propositions nécessaires pour préciser les modalités de ce qui s'appellera: « Processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée », en vue du Sommet qui se tiendra à Paris le 13 juillet 2008.

En d'autres termes, ce qui a été agréé par le Conseil européen, c'est de (1) conserver tout ce qui fonctionne bien dans le dialogue euro-méditerranéen, (2) d'utiliser des procédures communautaires et (3) de « travailler tous ensemble », a commenté vendredi 14 mars un diplomate français. Ce ravalement du processus de Barcelone va permettre d'associer des capitaux privés aux financements publics, de mettre en place un « mécanisme de suivi des projets » et un « dialogue de haut niveau tous les deux ans ».

Interrogé par EUROPE sur sa compréhension du mandat reçu du Conseil européen, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré: « Nous allons définir les modalités en nous appuyant sur la très riche expérience du processus de Barcelone, en nous appuyant sur le document franco-allemand et sur les débats que nous avons eus - et l'Espagne et la Grèce ont annoncé qu'elles soumettront des idées et toutes les propositions sont les bienvenues. Nous allons construire sur la base du processus de Barcelone et profiter de l'expérience acquise dans ce cadre ».

« J'ai le plaisir de vous annoncer que nous transformons le processus de Barcelone en Union pour la Méditerranée », a déclaré, jeudi soir, le président français en affirmant que le projet avait été accueilli « avec un grand enthousiasme par la totalité des pays européens ». La chancelière allemande « l'a porté », son homologue autrichien l'a « fortement approuvé » et les Premiers ministres luxembourgeois et néerlandais aussi, a-t-il insisté. Angela Merkel a dit aux journalistes qu'il s'agit d'une « très bonne proposition franco-allemande » qui offre « toutes les chances de redynamiser le processus de Barcelone ». Le président du Conseil italien, Romano Prodi, s'est dit « très satisfait » devant la presse. Il a aussi souligné que l'UPM suppose une forte coopération des pays de la rive sud. Le président du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, attend de la Commission qu'elle fasse une proposition qui renforce ce que représente notre politique en Méditerranée. « Personne n'est plus intéressé que l'Espagne au fait que l'UE soit plus ambitieuse pour la Méditerranée », a-t-il dit. Pour Gordon Brown, « c'est une bonne idée. Cela fait avancer le processus de Barcelone ». « Tous les 27 vont y participer, et vous avez raison de souligner que nous avons intérêt à ce que cela marche », a dit le Premier ministre en réponse à une question sur Gibraltar.

« Barcelone n'a pas marché », a dit Nicolas Sarkozy. « L'intuition de Barcelone était la bonne », mais « la lisibilité politique était un peu en panne » car on ne se rassemblait pas sur des projets précis. Avec l'UPM, on parle d'Erasmus, de faire de la Méditerranée la mer la plus propre au monde, de politique énergétique, a-t-il expliqué, tout en reconnaissant que le Conseil européen ne s'est « pas encore mis d'accord sur le contenu de l'agenda ». Nous avons demandé au président de la Commission de « faire des propositions sur la bonne gouvernance » et de réfléchir à la mise en place d'un « petit secrétariat ».

Les idées pour la localisation ont fusé, certains évoquant un pays de la rive sud, d'autres, Barcelone, Marseille, mais tout semble encore ouvert à ce stade, a indiqué Nicolas Sarkozy.

« Des fonds, il y en a beaucoup, ce n'est pas un problème », a poursuivi le président français en précisant: « Nous sommes d'accord sur le fait que la Commission doit gérer les fonds », mais il faut que l'UPM « soit en capacité de dire: c'est ce projet que nous voulons ». De source française, on précise que les projets cités vont de la dépollution de la Méditerranée et l'environnement à la surveillance du trafic maritime, en passant par la protection civile, un Erasmus méditerranéen, la constitution d'une « communauté scientifique euro-méditerranéenne », un meilleur financement des PME de la rive sud, avec le concours de la BERD et de la BEI.

A la question: « Avez-vous réduit vos ambitions par rapport au projet initial ? », Nicolas Sarkozy a répondu: « Je n'ai jamais porté l'idée d'exclure quelque pays européen que ce soit (…) Sur base du volontariat, tous les pays européens étaient appelés à y participer (…) Je n'ai jamais utilisé le terme d'observateurs. Tous les pays européens seront membres, mais ne pourront coprésider que les pays riverains (…) Je ne vois pas ce à quoi on a renoncé! » Et le président français d'assurer avoir « veillé à ce que le Parlement européen soit associé » au projet d'UPM qui pourrait même faire des émules: Donald Tusk a demandé une initiative similaire portant sur la dimension orientale de la politique de voisinage. Le Premier ministre polonais présentera au prochain Conseil européen une proposition qui couvrira la coopération en matière de transport, d'infrastructures, de visas, la coopération institutionnelle et les questions juridiques. (F.B/A.B./O.J.)

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