Brdo pri Kranju, 22/02/2008 (Agence Europe) - En réunion informelle à Brdo pri Kranju en Slovénie, les ministres de la Défense des Etats membres de l'UE ont passé en revue, jeudi 21 février, les cinq opérations que mène actuellement l'Union européenne en Afrique et dans les Balkans occidentaux.
Bosnie-Herzégovine. Les ministres ont constaté que la situation en Bosnie-Herzégovine reste stable, même si la déclaration unilatérale d'indépendance faite par le Kosovo, la semaine dernière, risque d'avoir un impact sur la situation dans ce pays. Dans ce contexte, les ministres ont décidé de maintenir sur place les troupes européennes (EUFOR Althea) aussi longtemps que cette présence sera nécessaire. La décision quant à l'avenir de cette opération devrait être prise, selon le ministre slovène de la Défense, Karl Erjavec, à la lumière d'une évaluation « réaliste » et en fonction de l'évolution de la situation au Kosovo.
« La mission EUFOR est sur place. La question est de savoir quand elle pourra s'achever », a déclaré à la presse le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, qui a reconnu que « les conditions ne sont pas mûres pour une nouvelle réduction ou un retrait » du contingent de 2500 militaires européens stationnés en Bosnie. Avant d'envisager un tel retrait, la Bosnie devra encore réaliser certaines « tâches »: mettre en place la réforme de la police et de la justice, préalables à la signature de l'Accord de stabilisation et d'association (ASA).
S'agissant du Kosovo, les ministres ont jugé utile de procéder à un réexamen du dispositif de la mission de l'UE, pour voir si un renfort policier s'avérait nécessaire pour faire face à une situation plus difficile dans le nord. Les 27 devront examiner cette question au cours de la période de transition de 120 jours qui s'est ouverte après le lancement, le 16 février, de l'opération de police et d'Etat de droit de l'UE (EULEX Kosovo). Parlant à la presse à l'issue de la réunion, le ministre slovène Karl Erjavec a souligné la nécessité d'une « perspective européenne claire » pour les Etats de la région, y compris pour la Serbie. M. Solana a rappelé que la situation est difficile « au nord », où il faut rechercher des solutions « en relation avec les deux communautés, serbe et kosovare » et avec l'UNMIK (la mission d'administration par intérim de Nations unies). Les ministres allemand Franz-Jozef Jung et français Hervé Morin ont présenté comme naturelle la perspective de créer au Kosovo une force lui permettant à terme d'assurer sa propre sécurité. « Nous voulons constituer un corps chargé de la protection du Kosovo, nous voulons bâtir la force de sécurité du Kosovo, de façon à lui permettre d'assurer sa propre sécurité », a déclaré M. Jung à la presse, avant l'ouverture de la réunion informelle, sans toutefois remettre en question le stationnement de la force de l'OTAN au Kosovo (KFOR) censée assurer la sécurité dans la région.
Tchad/ République centrafricaine. Après des attaques récentes des forces armées soudanaises et des mouvements de rébellion, plus de 10 000 personnes en provenance du Darfour se sont réfugiées dans la région de Guéréda, a rappelé Javier Solana, en estimant que « ce contexte justifie plus que jamais que l'on déploie rapidement l'EUFOR et la MINURCAT ». « Après les difficultés de départ, l'opération va être gérée sans problèmes », a assuré le ministre slovène, qui a affirmé que l'EUFOR sera complète « en été ».
Le commandant de l'opération, le général irlandais Patrick Nash, a informé les ministres des derniers développements. M. Solana a affirmé que l'UE « respectera le plan présenté par le général Nash » et que la capacité initiale sera atteinte à la mi-mars. 540 militaires sont actuellement sur place et les premières opérations de reconnaissance ont débuté, notamment avec la participation des quatorze militaires slovènes.
République démocratique du Congo. En parallèle d'une mission de conseil pour la réforme de la police (EUPOL), l'UE y poursuit sa mission de réforme du secteur de sécurité (EUSEC). Les deux opérations doivent doter le Congo des forces de l'ordre et de sécurité professionnelles capables de sécuriser l'ensemble du territoire. La réunion a permis de faire le point sur cette opération avant la prorogation éventuelle du mandat d'EUSEC, qui se termine le 30 juin prochain. Des progrès ont été réalisés dans la réforme de la chaîne de paiement, notamment grâce au processus d'identification biométrique des militaires. Le gouvernement congolais a élaboré également un « Plan directeur global » détaillant le processus de reconstitution des forces armées.
Guinée-Bissau. La mission d'assistance à la réforme du secteur de la sécurité, qui doit être déployée prochainement en Guinée-Bissau, est « importante comme partout en Afrique », a affirmé M. Solana. (A.By.)