Bruxelles, 22/02/2008 (Agence Europe) - En adoptant à une large majorité, mercredi 20 février, un rapport sur la stratégie européenne en Asie centrale, le Parlement européen s'inquiète de la situation des droits de l'homme et de la démocratie dans la plupart des cinq pays de la région (Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Turkménistan et Ouzbékistan). Pour le rapporteur, Cem Özdemir (Verts-ALE, allemand), le Kirghizistan « laisse entrevoir plus d'espoir malgré la persistance de certains problèmes ». Dans un communiqué publié après le vote, il estime que l'approche de l'UE pour l'Asie centrale a « totalement échoué en ce qui concerne la promotion de la démocratie ». Selon lui, « la démocratie et les droits de l'homme doivent faire partie intégrante de la stratégie de l'UE en Asie centrale et les partenariats avec ces pays ne doivent être envisagés qu'avec ceux qui sont clairement engagés dans cette direction ».
Le rapport du PE se félicite de l'attention accrue accordée par l'Union à l'Asie centrale, mais constate la lenteur avec laquelle les projets sont mis en œuvre. Il « appelle à la différenciation de la politique de l'Union pour ce qui concerne son approche des pays de la région, différenciation qui soit fondée notamment sur la situation des droits de l'homme dans chaque pays (…) ». Les députés demandent aussi au Conseil et à la Commission de « faire en sorte que les questions relatives aux droits de l'homme pèsent d'un poids égal à celles de l'énergie, de la sécurité et du commerce, domaines dans lesquels l'Union suit une approche vigoureuse ». Certaines questions ne peuvent être traitées efficacement qu'au moyen d'approches régionales menant à des solutions régionales (antiterrorisme, éradication de la traite des êtres humains, lutte antidrogue, gestion de l'eau), soulignent-ils encore. Les parlementaires pointent aussi les mauvais traitements infligés aux femmes ou l'ampleur du recours au travail des enfants dans plusieurs pays de la région et insistent pour que la santé et les réformes de la santé dans le secteur public figurent au cœur des priorités des donateurs. Ils formulent par ailleurs plusieurs observations précises pour les cinq pays concernés. (A.B.)