Bruxelles, 01/02/2008 (Agence Europe) - La population carcérale féminine a beaucoup augmenté ces dernières années en Europe. Ce qui pose des problèmes de santé, d'hygiène, de malnutrition mais aussi de maintien des relations sociales et familiales et de réinsertion professionnelle. Partant de ce constat, Maria Panayatopoulos-Cassiotou (PPE-DE, Grèce) a présenté un rapport d'initiative sur « la situation particulière des femmes en prison et l'impact de l'incarcération des parents sur la vie sociale et familiale » dans lequel elle met l'accent sur les conditions de détention des femmes, le maintien de leurs relations familiales et sur leur réinsertion sociale et familiale post-incarcération. Le rapport a été adopté lundi 28 janvier à l'unanimité par la commission des droits de la femme et de l'égalité des genres du Parlement européen. Le vote en plénière est prévu pour la session de mars à Strasbourg, annonce un communiqué du PE.
En ce qui concerne les conditions de détention, les députés: - demandent à la Commission et au Conseil d'adopter une decision-cadre sur des normes minimales de protection des droits des détenus sur la base de l'article 6 du Traité de l'UE, tenant compte des besoins spécifiques des femmes ; - invitent les Etats membres à fournir un soutien psychologique aux femmes détenues, en particulier à celles qui ont été victimes d'actes de violence ainsi qu'aux mères responsables de famille et aux mineures ; - souhaitent que la spécificité de la situation des détenues étrangères soit prise en compte (entrer en contact avec les consulats, avoir accès aux ressources et programmes pénitentiaires, etc.).
Pour que soit maintenu le lien social et familial, les députés: - recommandent que les peines de substitution à l'emprisonnement soient davantage privilégiées, dès lors que la peine encourue et le risque pour la sécurité publique sont faibles ; - invitent les Etats membres et les institutions pénitentiaires à prévoir la création d'unités mères-enfants séparées du reste de la prison et disposant d'un personnel qualifié pour assister les mères détenues dans leurs responsabilités éducatives et de soins.
Enfin, pour favoriser la réintégration sociale, les députés préconisent notamment de mettre en place, dans chaque centre de détention, des programmes d'accompagnement et de soutien individuel, accessibles à toutes les détenues sur une base volontaire, pour définir et mettre en œuvre un projet d'insertion sociale. (G.B)