Bruxelles, 23/01/2008 (Agence Europe) - Cinq députés européens ont déposé un projet de résolution pour la formation d'un groupe de travail intitulé « United Europe, United History ». Le but de ce groupe consiste notamment à prendre davantage en compte « les crimes méconnus et oubliés, et autres abus envers les droits de l'homme ». Par ces termes, Wojciech Roszkowski (UEN, polonais), György Schöpflin (PPE-DE, hongrois), Tunne Kelam (PPE-DE, estonien), Girts Valdis Kristovskis (UEN, letton) et Vytautas Landsbergis (PPE-DE, lituanien), qui sont à l'origine de cette initiative, désignent le régime communiste et les crimes liés à la période stalinienne. « L'Europe est en partie otage d'une version de l'histoire qui a été développée par le régime soviétique », a accusé Girts Valdis Kristovskis.
Une violente charge anti-russe ? György Schöpflin s'en défend: « Nous ne sommes pas anti-russes. En Russie, il y a des historiens proches de notre position. Mais ils sont minoritaires. » Avant de préciser: « Nous sommes prêts à aider la Russie dans le travail qu'elle effectue sur sa propre histoire. » Au cours d'une conférence présentant leur projet à la presse et à leurs collègues, l'eurodéputé hongrois a dénoncé une « mémoire sélective », qui laisserait de côté certains faits historiques. « Des hommes politiques européens utilisent parfois l'histoire comme une arme pour servir leurs propres intérêts », a-t-il insisté.
A la question de la légitimité de l'intervention des hommes politiques dans le champ de recherche historique, Girts Vladis Kristovskis a répondu qu'il préférait s'engager en affirmant que le régime de Staline devait être considéré de la même manière que ceux de Franco ou de Hitler. « Certains hommes politiques ignorent de telles questions et bottent en touche en affirmant qu'il faut laisser l'histoire aux historiens. Mais ce n'est pas mon cas. »
En conclusion, Girts Valdis Kristovskis a notamment cité Franco Frattini, qui avait promis, le 19 avril dernier dans un article du Herald Tribune, d'ouvrir des auditions publiques sur les « crimes horribles » commis pendant l'ère stalinienne. « Nous voulons maintenant surveiller si le commissaire Frattini va tenir ses promesses ou non », a rebondi Vytautas Landsbergis. (L.B.S.)