Bruxelles, 18/01/2008 (Agence Europe) - Qu'ils prennent une forme intergouvernementale ou communautaire, les travaux menés en parallèle sur la stabilité financière en réponse à la crise agitant les marchés financiers tendent à poursuivre un agenda commun. « On prend les sujets discutés au sein du Conseil Ecofin, on n'est pas en train de réinventer un autre débat », déclare un diplomate d'un État membre ayant participé à la réunion, jeudi 17 janvier à Paris, des ministres des Finances allemand, britannique, français et italien et consacrée à la réponse aux turbulences secouant les marchés financiers. « Le relais avec la Présidence slovène se fera via la Commission » représentée à Paris par le commissaire Joaquin Almunia (Affaires économiques et monétaires), « et les États membres participants », ajoute cette même source, qui ne voit rien d'« illogique » à ce que plusieurs enceintes traitent des mêmes questions.
À Paris, les quatre États membres participant au G7 ont réaffirmé la solidité des fondamentaux économiques européens. La crise n'affecte pas l'économie réelle, a indiqué Christine Lagarde, la ministre française des Finances. Néanmoins, M. Almunia a admis que les risques pesant sur l'économie avaient augmenté et pourraient entraîner une révision à la baisse des prévisions de croissance dans l'UE. Les ministres ont exprimé leur satisfaction vis-à-vis de l'attitude des banques centrales qui ont, depuis l'été dernier, injecté massivement des liquidités sur les marchés interbancaires afin de permettre aux établissements de crédit de continuer à financer leurs activités. Ils ont également appelé les banques touchées par la crise financière à publier rapidement l'ensemble des pertes générées par la crise financière, qui pourraient atteindre entre 300 et 500 milliards de dollars. Une facture que les banques devraient être en mesure de régler grâce aux larges profits accumulés ces dernières années.
Les quatre ministres des Finances n'ont pas véritablement annoncé d'initiatives concrètes. Il s'agit, à ce stade, de faire des recommandations à leurs chefs d'État ou de gouvernement respectifs en vue de leur rencontre le 29 janvier à Londres. Parmi les pistes d'actions suggérées figure la possibilité de renforcer la coopération entre les régulateurs des marchés financiers afin d'empêcher les futures crises. Au niveau international, le Fonds monétaire international pourrait jouer un rôle accru et, comme l'a suggéré Alistair Darling, le chancelier britannique de l'Échiquier, un mécanisme de surveillance pourrait voir le jour au sein du Forum de stabilité financière. Au niveau de l'UE, la coopération entre les autorités de contrôle nationales pourrait être améliorée au sein des comités européens (CESR, CEIOPS, CEBS). Pourrait par ailleurs être soulevée la nécessité d'une meilleure gestion des risques de liquidité, peut-être à travers un travail similaire à celui effectué sur la solvabilité des banques et qui avait abouti à la directive « Bâle II ». En revanche, la réunion de Paris a montré que les positions des ministres n'étaient pas unanimes sur l'attitude à adopter vis-à-vis des agences de notation financière. Mme Lagarde a plaidé pour « plus de surveillance » de ces agences, alors que son homologue allemand, Peer Steinbrück, a estimé qu'il ne fallait pas légiférer dans ce domaine.
Sur le plan communautaire, la Présidence slovène a placé la stabilité financière à la tête de ses priorités dans le domaine des services financiers (voir autre nouvelle). Dans une annexe à son programme de travail semestriel, elle détaille les travaux qu'elle entend poursuivre dans le cadre d'un « agenda européen pour la stabilité financière ». Elle rappelle que trois feuilles de route ont été adoptées par le Conseil Ecofin l'année dernière, dans les domaines suivants: - la réponse européenne à la crise financière (voir EUROPE n° 9519) ; - la révision du processus « Lamfalussy » afin d'améliorer la surveillance dans le domaine des services financiers (voir EUROPE n° 9557) ; - les dispositifs liés à la gestion de crise en cas de défaillance d'un établissement bancaire ayant des activités transfrontalières (voir EUROPE n° 9503). Le Conseil Ecofin de mars adoptera un rapport intérimaire sur les enjeux liés à la stabilité financière, avant d'éventuelles décisions au Conseil européen de printemps. Lors de sa réunion informelle d'avril, le Conseil Ecofin devrait signer un « Memorandum of Understanding » (MoU) sur la gestion des crises financières qui doit renforcer le premier MoU datant de 2005 et aussi revoir les progrès réalisés en matière de coopération entre autorités nationales de contrôle. (M.B.)