Bruxelles, 08/11/2007 (Agence Europe) - En dépit de ses inquiétudes pour l'inflation, la Banque centrale européenne (BCE) a maintenu inchangés les taux d'intérêts de la zone euro. Lors de sa réunion, jeudi 8 novembre, le Conseil des gouverneurs de la BCE a en effet décidé que le taux de soumission minimal appliqué aux opérations principales de refinancement resterait à 4% et que le taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal et celui de la facilité de dépôt demeureront à respectivement 5 % et 3 %. L'incertitude demeure quant aux effets des turbulences sur les marchés financiers et la BCE a besoin de plus d'informations avant de tirer des conclusions pour la politique monétaire, a expliqué Jean-Claude Trichet lors de la conférence de presse.
A ce stade, les informations disponibles « confirment pleinement que les perspectives pour la stabilité des prix à moyen terme sont sujettes à des risques haussiers », a d'emblée indiqué le président de la BCE, avant de juger l'évolution de l'inflation « particulièrement inquiétante ». En octobre, le taux d'inflation en rythme annuel a augmenté de 2,6%, contre 2,1% le mois précédent, de sorte que le niveau général des prix devrait se maintenir « significativement au dessus de 2% dans les mois à venir, avant de se contracter au cours de 2008 ». L'évolution la plus récente des prix du pétrole et des prix de l'agro-alimentaire sont les raisons principales de cette « bosse » de l'inflation, qui « sera sans doute plus prolongée et plus importante en termes absolus que s'il n'y avait pas eu ces deux poussées supplémentaires », a-t-il précisé aux journalistes. Il se veut donc « très attentif aux effets de second tour ».
Dans le même temps, les fondamentaux économiques de la zone euro restent « solides » et « nous pensons qu'il n'y avait pas lieu de changer notre scénario de base », a indiqué M. Trichet, qui anticipe donc toujours une croissance de la zone euro autour du potentiel. Partiellement compensé par la bonne tenue des économies émergeantes, le ralentissement de la croissance aux Etats-Unis ne devrait pas affecter l'économie globale et la demande externe importante devrait soutenir les exportations européennes. Mais les risques sont « plus marqués » et « la réappréciation en cours des risques sur les marchés financiers a conduit à une incertitude continue », a insisté le président de la BCE, qui préfère attendre avant d'envisager un mouvement des taux. Et d'assurer que la BCE « suivra de très près » tous les développements à venir.
« Sur la période récente, j'ai observé des mouvements que je n'hésiterais pas à qualifier de brutaux et d'abrupts, et j'ai déjà dit que les mouvements brutaux n'étaient jamais les bienvenus », a par ailleurs réaffirmé M. Trichet, qui observe qu'un dollar fort est encore plus clairement dans l'intérêt des Etats-Unis. (A.B.)