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Bulletin Quotidien Europe N° 9459
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/peche

Les Verts exigent une enquête sur le « pillage » du thon rouge

Bruxelles, 02/07/2007 (Agence Europe) - Le groupe des Verts/ALE demande que la Commission européenne ouvre une enquête sur la pêche au thon rouge dans la Méditerranée, à la suite de nouvelles révélations, jeudi 28 juin lors d'une audition publique, sur la violation des règles de protection de cette espèce en danger. « Nous avons une fois de plus la preuve que les flottes européennes continuent leurs activités ouvertement illégales, malgré les nouvelles mesures de gestion de la pêche au thon rouge », lancent la Française Marie-Hélène Aubert, vice-présidente du groupe des Verts et l'Espagnol Raül Romeva i Rueda. Selon eux, les preuves apportées par l'organisation écologiste Greenpeace tendent à prouver que les Etats membres « ne font pas respecter les règles ». Les Verts sont atterrés par des photos qui montrent que des avions européens sont utilisés pour repérer les bancs de thonidés, alors que le plan de sauvegarde du thon rouge, en vigueur depuis le 13 juin dernier, interdit aux pêcheurs d'être aidés par de tels avions de reconnaissance. « La Commission doit enquêter sur les faits rapportés, renforcer ses contrôles sur les Etats membres, et si les preuves sont avérées, engager des poursuites judiciaires contre ceux qui ne respectent pas les nouvelles règles de pêche au thon rouge », conclut le groupe des Verts.

Lors de l'audition publique sur le thon rouge, organisée par la commission de la pêche du PE, Sebastian Losada, de Greenpeace Espagne, a rappelé le risque très élevé d'effondrement du stock de thon rouge, accentué par la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Il a effectivement assuré que « des avions sont toujours utilisés pour suivre les flux migratoires des poissons » alors que cette activité est désormais illégale.

Antonio di Natale, biologiste au sein de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA), a déploré le manque de données fiables sur l'état des stocks de thon rouge. Mario Ferretti, de l'organisation italienne de la pêche « Federcoopesca », s'est au contraire plaint des « mesures draconiennes » imposées aux professionnels de Méditerranée, en citant notamment les règles sur la taille minimale de capture et de vente et les périodes d'interdiction de la pêche.

« Je ne comprends pas qu'on ait sacrifié la flotte européenne, qui pourrait disparaître dans les années à venir pour être remplacée par d'autres flottes de pays riverains non européens », a regretté pour sa part Ferrán Bel, directeur de l'Association des pêcheurs espagnols de thon rouge utilisant la senne tournante.

Marta Crespo représente les pêcheurs espagnols utilisant la madrague (une pêche côtière artisanale) et estime en substance que la surexploitation du stock est imputable à la grande flotte industrielle. « Nous sommes étonnés de l'attitude du secteur de la pêche, qui nie les problèmes causés par la surpêche professionnelle. Les mesures appliquées ne sont pas assez strictes, il reste beaucoup de travail à faire. Le grand bénéficiaire de tout cela doit être le thon rouge », a-t-elle dit. Pour le Français Serge Larzabal, qui préside la commission thon rouge du Comité national des pêches marines et des élevages marins (CNPMEM), « toute évaluation de la situation devrait passer par une meilleure collaboration des scientifiques avec les professionnels de la pêche ; cette évaluation trouverait alors plus de légitimité auprès des pêcheurs ».

Carmen Fraga Estévez (PPE/DE, espagnole) a demandé à la Commission européenne de tout mettre en œuvre pour s'assurer que Etats membres respectent les quotas et a réclamé la mise en place d'un système de réduction de la flotte. Pour Rosa Miguélez Ramos (PSE, espagnole), il existe un risque de « délocalisation de l'industrie et de la flotte communautaire ». Elle a estimé par ailleurs que les pêcheurs ne doivent pas être considérés comme les seuls responsables: « si on ouvre des bars à sushi partout, le thon en souffre en bout de course ». M. Romeva i Rueda, du groupe des Verts, a demandé que des « sanctions réelles soient prises quand il y a des infractions flagrantes à la législation ». Jean-Claude Martinez (ITS, français) s'en est pris vigoureusement aux dérogations dont bénéficient l'Espagne (ou encore la Croatie) sur la taille minimale de débarquement du thon. Il n'a pas hésité à lancer: « certains peuvent pratiquer la pédophilie thonière et d'autres pas! ».

Le représentant de la Commission européenne a reconnu que « ce n'est pas le plan de nos rêves », mais le seul qu'il « était possible » d'avoir compte tenu des discussions internationales très tendues. « Il faut maintenant veiller à le respecter et, si nécessaire, il sera revu en 2008 », a-t-il précisé.

Le président de la commission de la Pêche, Philippe Morillon (ADLE, français), a appelé de ses vœux une « solution qui permette de sauvegarder les ressources et les traditions qui remontent à plusieurs millénaires ». (lc)

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