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Bulletin Quotidien Europe N° 9437
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/medicament

Les laboratoires s'engagent dans la lutte contre la contrefaçon - Arthur J. Higgins s'en prend aux importateurs parallèles

Bruxelles, 01/06/2007 (Agence Europe) - Du 30 mai au 1er juin, l'industrie pharmaceutique regroupée au sein de l'EFPIA tenait son grand congrès annuel à Bruxelles. L'occasion pour les représentants des laboratoires de rapprocher leurs positions sur certains dossiers cruciaux pour l'avenir de l'industrie. Parmi les préoccupations qui émergent figurent la sûreté du médicament et la lutte contre la contrefaçon (c'était aussi le thème d'un récent colloque au Parlement européen, voir EUROPE n° 9427). Le nouveau président de l'EFPIA a profité d'une conférence de presse pour tirer à boulets rouges sur les importations parallèles présentées comme la faille permettant la contrefaçon.

Comme l'explique Jean-Marc Bobée (Sanofi-Aventis), l'EFPIA a commencé à travailler sur une initiative visant à généraliser l'utilisation d'un nouveau système de codage du médicament dans l'Union européenne. Face au risque de contrefaçon et aux conséquences potentielles pour la santé des patients, certains Etats membres ont déjà mis en place des mesures de précaution. L'Italie, par exemple, utilise le Bolino, une petite étiquette qui comporte un numéro de lot et un numéro de série et qui doit être achetée auprès des autorités publiques et apposée sur chaque boîte de médicament vendue dans la péninsule. Ce système permet de lutter à la fois contre la contrefaçon et contre la fraude aux remboursements. L'objectif de l'industrie est d'éviter 27 systèmes différents tout en renforçant la sûreté du produit. Pour ce faire, elle souhaite introduire le code « Data Matrix » sécurisé à double dimension et à lecture optique. Appliqué sur chaque emballage, ce code comprendrait un code d'identification du produit, sa date de péremption, un numéro de lot et un numéro de série aléatoire. Un système de mise en réseau (type carte bancaire) des pharmacies, hôpitaux, distributeurs et fabricants permettrait de verrouiller la chaîne de distribution. La France a déjà prévu de se doter d'un tel système à l'horizon 2011, mais sans y inclure le numéro de série. Il s'agit désormais d'obtenir une recommandation européenne en faveur de la généralisation de ce système. Pour Jean-Marc Bobée, on assiste actuellement à une « révolution de la traçabilité » et il faut mettre cette traçabilité au service de lutte contre la contrefaçon. Il reconnaît toutefois que ce système n'est pas applicable aux pays moins développés qui sont le plus durement frappés par ce fléau et qu'il est inopérant face au développement du commerce électronique. « La seule solution est de multiplier les campagnes pour expliquer aux gens qu'il ne faut pas acheter sur Internet », constate-t-il.

Un atelier organisé, mercredi à Bruxelles, a confirmé l'engagement de l'industrie à promouvoir ce système, malgré des doutes émis par les pharmaciens d'officine qui ont peur de sa complexité et s'inquiètent de son impact éventuel sur leur indépendance, si son financement devait être assuré par les données collectées sur les ventes réalisées dans chaque pharmacie. Les fabricants de génériques sont en revanche totalement opposés à un système qu'ils perçoivent comme trop coûteux.

Même si certains représentants de l'industrie reconnaissent que le commerce parallèle est devenu une réalité légale du marché intérieur et estiment qu'il faudra trouver une solution pour éviter que ce nouveau système rende le commerce parallèle quasi impossible, certaines interrogations subsistent. La seule solution non discriminatoire serait en effet d'associer les importateurs parallèles au système en leur accordant un nouveau code à l'issue du reconditionnement du produit. Or, les importateurs parallèles sont encore dans la ligne de mire du nouveau président de l'EFPIA. « Le commerce parallèle n'offre aucun avantage économique aux Etats membres ni aux patients », a déclaré Arthur J. Higgins à la presse, jeudi 31 mai, avant d'ajouter que « les importateurs parallèles n'apportent rien, si ce n'est des risques (…) des menaces pour la sûreté des médicaments ». Le président de Bayer HealthCare AG a par ailleurs présenté les objectifs de l'EFPIA regroupés sous le sigle AIMS (Access, Innovation, Mobilization, Security). Il a expliqué qu'il s'agissait de continuer à travailler pour accélérer l'autorisation et les processus de fixation des prix et des remboursements pour les nouveaux médicaments, de faire disparaître les contrôles des gouvernements sur les médicaments non remboursés. Arthur J. Higgins a apporté son soutien au développement de la traçabilité et à la lutte contre la contrefaçon. Il a promis l'adoption en 2008 d'un code de conduite sur les relations entre l'industrie et les associations de patients. Il a réclamé la libéralisation de l'information aux patients. Le nouveau président de l'EFPIA a enfin insisté sur la double nécessité de « gagner des cerveaux » pour résoudre la crise née de « la fuite des cerveaux » et de soutenir l'innovation pour que « l'Europe redevienne la pharmacie du monde ». (oj)

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