Bruxelles, 01/06/2007 (Agence Europe) - Le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero ont misé jeudi à Madrid sur l'adoption du nouveau traité européen pour faire émerger une réelle politique d'immigration commune. « L'un des objectifs pour lesquels on doit conclure ce traité de base, c'est justement la politique d'immigration », a affirmé M. Zapatero lors d'une conférence de presse commune avec le président français. « S'il y a une politique d'immigration plus européenne, de décider par une majorité qualifiée de se doter de mécanismes opportuns, il n'y aura plus de différence entre nous », a-t-il expliqué, souhaitant dissiper le froid qui était apparu entre les deux hommes après que M. Sarkozy eut accusé l'Espagne d'avoir créé un appel d'air pour les clandestins en régularisant 600.000 sans-papiers en 2005. Voulant faire table rase du passé, Nicolas Sarkozy a insisté sur la nécessité de se « tourner vers l'avenir », notamment pour que « la politique d'immigration ne soit plus conditionnée par l'unanimité mais par la majorité ». « Ce qu'il faut, c'est avoir des instruments communs, partagés, en matière d'immigration », a renchéri M. Zapatero, citant par exemple la coopération en matière de développement et le principe qui lie la légalité de séjours sur un territoire à l'obtention d'un emploi.
Dans une interview parue vendredi dans le Figaro, le Commissaire chargé de l'Immigration, Franco Frattini, a lancé un appel aux Etats membres pour qu'ils réagissent face aux drames des naufragés en Méditerranée. Revenant sur les récents événements survenus au large de la Libye (EUROPE n°9435), M. Frattini a déclaré: « Le droit maritime international oblige tous les Etats membres de l'ONU, et donc ceux de l'Union européenne, à porter assistance à tout bateau qui transporte des naufragés ». Selon lui, « il faut agir au plus vite, entre Européens, pour éviter que cela ne se reproduise (…) Sauver la vie est une priorité absolue ». Quid de la responsabilité à imputer aux Etats membres n'ayant pas respecté leurs obligations au regard du droit international ? Pour l'instant, au vu de l'absence de compétence de l'UE dans ce domaine, le Commissaire n'a pu que suggérer l'idée d'en discuter « au niveau politique » lors du Conseil des ministres (JAI) qui se déroulera les 12 et 13 juin prochains à Luxembourg. Il a aussi confirmé que Frontex reprendrait ses patrouilles fin juin en Méditerranée. « Cela durera jusqu'à l'automne, avec un accent mis sur les Canaries. Un afflux de clandestins est attendu avec l'été », a-t-il déclaré. Pour l'instant, Frontex dispose de 21 avions, 27 hélicoptères et 116 bateaux, ainsi que d'autres équipements techniques. M. Frattini a souligné que l'objectif à long terme était de disposer en permanence de gardes frontières européens, faisant toutefois remarquer les « fortes réticences » des Etats membres à aller dans ce sens.
Sur le volet immigration légale, il a rappelé son intention de proposer en septembre une carte bleue européenne qui permettra aux étrangers, dont les qualifications seront contrôlées, « de résider pendant cinq ans dans l'Union et de circuler sans visa » (EUROPE n°9413). (bc)