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Bulletin Quotidien Europe N° 9437
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/g8/climat

Le plan américain pour le climat mérite d'être examiné de près au sommet du G8 - La position de l'UE pour l'après-2012 est inchangée, souligne la Présidence allemande, circonspecte

Essen, 01/06/2007 (Agence Europe) - A Essen, sur l'ancien site minier du Zollverein, emblématique de la première révolution industrielle en Europe, c'est à une nouvelle révolution - celle de l'industrie écologique innovante, garante du développement durable et du respect du climat - que Sigmar Gabriel, ministre fédéral allemand de l'environnement, de la protection de la nature et de la sûreté nucléaire, a invité les ministres de l'Environnement de l'Union européenne à une discussion informelle ces vendredi et samedi sur le thème « Environnement, innovation emploi » en vue d'exploiter dans l'UE tout le potentiel des écotechnologies (EUROPE n° 9436).

La veille, les Etats-Unis, chantres de l'investissement dans les technologies novatrices pour lutter contre le changement climatique, dévoilaient le plan inédit de George Bush appelant les plus grands pollueurs de la planète, y compris la Chine et l'Inde, à rechercher avec les Etats-Unis un accord global sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à réfléchir aux moyens de relever ce défi, sans toutefois évoquer d'objectif chiffré et de calendrier contraignant.

A la conférence de presse d'ouverture de ce Conseil informel à Essen, le ministre allemand, dont le pays préside à la fois l'UE et le G8, n'a pu éviter les questions sur ce sujet brûlant. Répondant à un journaliste qui lui demandait si le plan « climat » de George Bush, rendu public à quelques jours du sommet du G8 de Heiligendamm (6-8 juin), représentait à ses yeux un rideau de fumée ou un changement radical, Sigmar Gabriel a laissé la porte ouverte aux deux interprétations, estimant toutefois que cette nouvelle initiative ne modifiait en rien la position européenne.

« Je crois que les paroles du Président américain traduisent potentiellement les deux hypothèses: soit un changement de la position américaine, soit un rideau de fumée. L'essentiel, c'est ce qu'on en fait. Le président américain ne peut passer outre la question du changement climatique. C'est devenu une priorité sur laquelle il doit se pencher plus sérieusement. Mais il y a de fortes chances que l'UE et le G8 ne puissent se contenter de déclencher un processus pour qu'en fin de course on se mette d'accord sur des valeurs limites non contraignantes. Il faut associer les Etats-Unis à un traité international contenant des objectifs contraignants », qui permette de vérifier le respect de ces objectifs et d'assurer une réduction de 50% des émissions globales d'ici à 2050, a déclaré le président en exercice du Conseil Environnement. « Si la position des Etats-Unis sert de préparation à ce traité, c'est une bonne proposition. Mais si la proposition américaine sert uniquement à survivre au sommet de Heiligendamm et à mettre à mal tout accord international, c'est un cheval de Troie à éviter », a estimé Sigmar Gabriel.

La circonspection dont il a fait preuve, ne laissait aucun doute sur la volonté de la Présidence allemande de tirer les choses au clair pour savoir ce qu'ambitionne exactement George Bush et si son appel à une action globale est bien compatible avec les objectifs poursuivis par l'UE.

En d'autres termes, il faut, au prochain sommet du G8, examiner la position américaine pour voir si elle comporte des objectifs clairs de réduction de 50% à l'horizon 2050, si elle contient un mécanisme de vérification et si elle s'inscrit dans un processus international sous l'égide des Nations Unies, a précisé Sigmar Gabriel. A Heiligendamm, il conviendra, selon lui, « d'adresser un signal très clair, car c'est le seul moyen de faire bouger la Chine et l'Inde ».

« La position européenne ne va pas du tout changer », a-t-il affirmé, « mais nous sommes très heureux que les choses commencent à changer aux Etats-Unis, sous la pression interne ». En témoigne l'intérêt manifesté par le Congrès américain pour le système communautaire d'échange de quotas d'émissions en vue d'« une décision, le 4 juillet prochain, sur l'introduction d'un système analogue aux Etats-Unis ».

Sigmar Gabriel a rappelé qu'au G8, la Présidence allemande défendra une réduction de moitié des émissions globales à l'horizon 2050 (ce qui signifie une réduction de 60 à 80% pour les pays industrialisés, avec un objectif intermédiaire de 30% à l'horizon 2020) pour pouvoir lancer, en décembre prochain, à Bali, les négociations dans le cadre de l'ONU.

D'où l'intérêt, selon lui, de délibérer, à Heiligendamm, des propositions américaines « en les intégrant dans le processus conduit sous l'égide des Nations Unies ». (an)

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