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Bulletin Quotidien Europe N° 9436
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/g8/climat

La bataille entre l'Allemagne et les Etats-Unis sera rude pour trouver, à Heiligendamm, un terrain d'entente sur la lutte contre le changement climatique au-delà de 2012

Bruxelles, 31/05/2007 (Agence Europe) - Les espoirs de la Présidence allemande de rallier les pays les plus industrialisés de la planète à des objectifs ambitieux pour la lutte globale contre le changement climatique au-delà de 2012 s'amenuisent au fur et à mesure qu'approche la tenue du sommet du G8 de Heiligendamm (6-8 juin), élargi aux pays émergents à forte croissance économique.

L'opposition farouche des Etats-Unis à des objectifs contraignants pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre a été confirmée le 30 mai à Potsdam, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G8, préparatoire au sommet.

La chancelière allemande et présidente du G8, Angela Merkel, forte de la position adoptée par le Conseil européen des 8 et 9 mars, en faveur d'une réduction de 30 % des émissions de gaz à effet de serre de tous les pays industrialisés à l'horizon 2020 et de 60 à 80% d'ici à 2050, espérait convaincre les Américains d'accepter l'idée que les pays les plus riches s'engagent à réduire de moitié leurs émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2050. L'objectif étant de déblayer le terrain pour l'ouverture, à Bali, en décembre prochain, des négociations internationales visant un accord sur un régime international efficace exigeant de tous les pays des efforts notables, mais différenciés, quand expirera le première période d'engagements du Protocole de Kyoto (2008-2012).

C'est à un refus catégorique de l'administration Bush qu'elle s'est heurtée. Pas question, pour les Américains, de souscrire à une déclaration consignant pareille contrainte, de faire référence à un futur marché mondial du carbone, ni même de se rallier à l'idée, pourtant reconnue par les experts scientifiques les plus éminents que la stabilisation de la hausse des températures à 2 degrés Celsius est un « must » pour éviter que le phénomène n'atteigne des dimensions catastrophiques. Les paragraphes relatifs à ces questions cruciales ont été biffés par les Américains dans le projet de déclaration qu'avait préparée la Présidence allemande.

Tandis que l'Allemagne s'indigne, les Américains crient à l'intolérance de Berlin à l'égard des solutions technologiques privilégiées par les Etats-Unis, plus friands de recherche que de limites et de calendriers pour la réduction obligatoire de leurs émissions. Les Chinois ne sont pas davantage enclins à accepter ce que refusent les Etats-Unis. Leur stratégie de lutte contre le réchauffement sera dévoilée le 7 juin, à la veille du G8. Les mesures « iront de la réduction de la consommation d'énergie à l'extension des zones forestières et de réserves naturelles », selon l'AFP à Pékin. L'Inde est, elle aussi, opposée à des objectifs contraignants.

Plus qu'à la lutte contre le réchauffement climatique, c'est à une lutte entre l'Allemagne et les Etats-Unis que les participants au Sommet du G8 risquent d'assister, à moins que, comme l'espère Frank-Walter Steinmeier, ministre allemand des Affaires étrangères, un « terrain d'entente » puisse encore être trouvé pour « combler le fossé » entre l'approche européenne et l'approche américaine. L'entretien en tête à tête qu'auront George Bush et Angela Merkel le 6 juin, avant l'ouverture du G8, sera, à cet égard, déterminant. (an)

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