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Bulletin Quotidien Europe N° 9416
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/omc/doha

Devant les difficultés du G-4 à trouver un compromis, les autres pays membres de l'OMC s'impatientent

Bruxelles, 27/04/2007 (Agence Europe) - La paralysie qui affecte pour l'instant les discussions entre les puissances commerciales du G-4 (Union, Etats-Unis, Brésil, Inde) commence à irriter sérieusement les autres membres de l'OMC qui craignent que celui-ci ne parvienne pas au début de consensus sur les modalités (chiffres et autres dispositions) de libéralisation des échanges en agriculture et sur les produits manufacturés (NAMA) jugé indispensable dans les deux mois pour pouvoir conclure le round de Doha avant la fin de l'année. A défaut, ils ont donc décidé d'intensifier les pourparlers multilatéraux au sein des différents groupes de négociation au siège de l'OMC à Genève sans attendre un compromis au G-4.

Réunis le 23 avril dernier à Luxembourg, les ministres des Affaires étrangères de l'Union l'ont rappelé: « la mi-juin a été fixée comme la date cible pour atteindre un niveau de convergence suffisant au sein du G-4 sur les sujets clefs » du round de Doha ; les résultats de ces discussions à quatre « seront ensuite soumis à l'ensemble des membres de l'OMC les mois suivants dans le but de conclure les négociations d'ici la fin de l'année ». Mais, comme l'a reconnu lui-même le directeur général de l'OMC Pascal Lamy lors d'un discours mercredi à la Chambre américaine de Commerce à Washington (voir EUROPE n° 9413), Européens, Américains, Brésiliens et Indiens sont « en quelque sorte paralysés par la crainte que toute initiative de la part de l'un d'entre eux sera prise comme argent comptant par les autres et ne conduira pas à des initiatives réciproques ». Avant d'ajouter que: « si les pays membres ne dynamisent pas les négociations rapidement - car même si elles sont actives leur rythme reste trop lent -, les gouvernements seront forcés d'envisager la douloureuse réalité d'un échec ».

Quelques jours avant le voyage de M. Lamy à Washington cette semaine, les 150 pays membres avaient, au cours d'une réunion du Comité de négociations commerciales le 20 avril dernier, donné pour mission aux chefs des différents Comités de négociation (agriculture, services, produits industriels, règles…) de préparer rapidement des textes de compromis sans attendre l'issue des pourparlers du G-4. « Le processus multilatéral ne peut plus attendre la contribution des groupes plus petits », avait expliqué le directeur général de l'OMC à l'issue de cette réunion. La réaction a été plutôt prompte: jeudi, le chef du Comité de négociations agricoles, l'ambassadeur néo-zélandais Crawford Falconer, a promis de « provoquer » les pays membres par des propositions chiffrées de baisse des subventions et des droits de douane agricoles dans l'espoir de susciter un compromis, a indiqué une source diplomatique au siège de l'OMC. « Il y a deux ou trois endroits où il serait possible de trouver une convergence », a affirmé M. Falconer en résumant l'état des négociations sur le volet agricole. Reconnaissant néanmoins que « dans certains domaines, on est à des millions de kilomètres de nulle part » et avouant « ne pas avoir la moindre idée comment inventer une solution pour rapprocher des positions trop éloignées », M. Falconer a confirmé son intention de présenter le 30 avril un « document sur les défis » destiné à « provoquer » les pays membres, dans l'espoir de susciter un compromis. Ce document sera ensuite débattu par le Comité des négociations agricoles le 7 mai prochain.

Un accord a minima possible sur la facilitation du commerce ?

Par ailleurs, selon le quotidien suisse Le Temps, un scénario selon lequel les membres de l'OMC accepteraient un accord a minima sur un ou plusieurs volets de la négociation d'ici à la fin de l'année et renverraient le reste à plus tard serait désormais considéré comme réaliste. Si, tout en ne le disant pas ouvertement, les négociateurs ne se font plus d'illusions sur la possibilité de conclure le round avant le 30 juin et l'expiration du pouvoir de négociation américain, « dans un tel scénario, un accord à minima porterait sur le volet de la facilitation du commerce », a estimé cette semaine la négociatrice en chef suisse à l'OMC, la ministre de l'Economie Doris Leuthard, assurant que tous les pays étaient attachés à supprimer les obstacles bureaucratiques qui freinent les échanges. Une hypothèse infirmée par un cadre de l'OMC cité par Le Temps: « Les pays en développement, qui attendent beaucoup de l'Agenda de Doha, n'avaleraient pas un tel compromis », a-t-il assuré. En revanche, sur un autre registre, Mme Leuthard a elle aussi critiqué la stratégie de négociation entre les puissances du G-4, en rappelant que, à la tête des pays importateurs agricoles du G-10, « la Suisse souhaite des percées dans tous les dossiers et non pas uniquement dans l'agriculture, qui intéresse uniquement les exportateurs agricoles comme les Etats-Unis et le Brésil ». (eh)

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