login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9406
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/defense

Franz Josef Jung opte pour un progrès de la PESD et un partenariat stratégique avec l'OTAN

Bruxelles, 13/04/2007 (Agence Europe) - Lors d'un échange de vues tenu jeudi 12 avril devant la commission parlementaire des affaires étrangères (AFET), le ministre allemand de la Défense et le président en exercice du Conseil, Franz Josef Jung, a présenté l'état actuel de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD). Il a plaidé pour une approche globale (civile et militaire) lors des opérations de l'UE, un renforcement des partenariats stratégiques avec l'OTAN et l'ONU et le développement des capacités opérationnelles et de planification de l'UE. M. Jung a également rappelé que la question de la protection antimissile devrait être débattue conjointement au sein de l'OTAN et avec la Russie afin de pouvoir protéger l'ensemble de la population européenne contre les menaces « étatiques » et « non étatiques » et a appelé à une coopération diplomatique entre l'Europe, les Etats-Unis, la Chine et la Russie pour empêcher l'Iran de se doter des armes nucléaires.

S'agissant des opérations de l'UE, M. Jung a souligné qu'il était « déterminant pour la PESD que les aspects civils et militaires soient pris en compte ». « La sécurité exige un effort civil et militaire en même temps. Il est donc important d'avoir une approche globale », a-t-il déclaré en s'appuyant notamment sur l'exemple de l'Afghanistan, où l'UE prépare une mission de police et où certains Etats membres participent à la Force (militaire) internationale de l'assistance à la sécurité (FIAS) mise en place par l'OTAN sous mandat de l'ONU. Le ministre a affirmé que l'UE était en « bonne voie » vers cette approche globale qui permettrait de coordonner « la sécurité et la reconstruction » à travers les missions civiles de l'UE. Il a réaffirmé également que l'UE allait « multiplier les efforts » pour que « les propositions sur le statut » du Kosovo aboutissent le plus rapide possible à un compromis au sein du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le ministre a rappelé que les deux groupements tactiques des unités terrestres (GT-1500) mis à la disposition de l'UE d'une part par la France et la Belgique et d'autre part par l'Allemagne, la Finlande et les Pays-Bas sont opérationnels. Cette force européenne de réaction rapide sera à terme renforcée « au niveau aérien et maritime» (voir EUROPE n° 9393). En soulignant que ce renforcement est en cours de préparation,
M. Jung a attiré l'attention sur le besoin d'améliorer les capacités de planification. Dans ce cadre, le ministre a réitéré le soutien que l'UE apporte à présent à la mission de l'Union africaine au Soudan (AMIS) où, outre le financement, l'UE a déployé quelque 70 officiers dans les cellules de la planification et de la logistique et où les Etats membres interviennent au niveau des transports stratégiques en aidant au transfert des troupes entre les différents Etats africains, membres de l'Union africaine (UA). A ce propos, M. Jung a réitéré l'importance d'une coopération renforcée entre l'UE, l'OTAN et l'ONU. Le ministre s'est félicité aussi du développement de la coopération européenne dans le domaine de l'armement dans le cadre de l'Agence européenne de défense (AED).

En répondant aux députés, M. Jung s'est prononcé en faveur d'un « partenariat stratégique » entre l'UE et l'OTAN en excluant toute forme de concurrence entre les GT-1500 et la Force de réaction rapide de l'OTAN (NRF). Bien que ce partenariat « doit encore progresser, il est clair que nous devons travailler ensemble (…) la concurrence entre les deux n'est pas une solution », a-t-il dit. Revenant à la situation en Afghanistan, le ministre a réaffirmé le rôle important que l'UE joue surtout en ce qui concerne les aspects civils et de reconstruction. Il y a une « distorsion entre ce que l'on voit dans les médias » et ce qui se passe sur le terrain, a-t-il souligné. Il a dit également qu'il fallait concentrer les efforts surtout sur la « lutte contre l'économie de la drogue ». « Il ne s'agit pas de détruire les plantations mais de penser aux alternatives au pavot », a-t-il dit à la fin de la réunion.

S'agissant de la défense antimissile, M. Jung a mis l'accent sur deux aspects: la nécessité de protéger l'ensemble des pays européens et celle d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. Le ministre a souligné la nécessité d'un « dialogue » impliquant l'UE, les Etats-Unis, la Russie et la Chine en ce qui concerne l'Iran. « Nous devons faire tous les efforts diplomatiques pour que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire. L'Europe, les Etats-Unis, la Chine et la Russie doivent travailler ensemble », a-t-il déclaré. Interrogé par les députés, M. Jung a reconnu que l'installation des éléments du système de bouclier antimissile américain sur les territoires de la Pologne et de la République tchèque relevait des affaires bilatérales, mais qu'une protection antimissile au niveau européen était importante. « Il faut voir l'UE dans son ensemble », a-t-il souligné en observant que le projet américain, ne protégera pas « le sud de l'Europe ». D'où, la nécessité d'avoir « un consensus au niveau européen », de voir « quelles en seront les conséquences » et de mener une « concertation avec les Etats-Unis ». Il faut que le projet du bouclier soit discuté « au sein de l'OTAN, entre l'OTAN et la Russie » et « se solde par un bouclier de protection pour toute l'Europe », a-t-il expliqué à des journalistes à l'issue de la réunion. (aby)

 

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
CALENDRIER
INTERPENETRATION ECONOMIQUE