Bruxelles, 13/04/2007 (Agence Europe) - L'Union européenne a réagi vendredi aux déclarations en provenance d'Ankara sur une éventuelle incursion de l'armée turque au nord de l'Irak en appelant la Turquie à résoudre le problème kurde avec des moyens pacifiques et à continuer à jouer un rôle constructif dans l'effort de stabilisation de l'Irak. « L'Union européenne suit étroitement les développements dans la région. Notre espoir et l'intérêt de toutes les parties sont que d'éventuelles divergences soient traitées d'une manière pacifique. La stabilité de l'Irak est dans notre intérêt commun. L'Union européenne reconnaît le rôle constructif que la Turquie joue dans la région. Dans ce contexte, il est important que la Turquie continue à jouer ce rôle constructif », a déclaré devant la presse la porte-parole du Commissaire à l'élargissement, Olli Rehn. La porte-parole du Haut représentant de l'UE pour la Pesc Javier Solana a, quant à elle, souligné « l'importance du respect de l'intégrité territoriale de l'Irak ».
Jeudi, le chef d'état-major de l'armée turque, le général Yasar Büyükanit, a plaidé pour une incursion dans le nord du pays voisin. Une opération en Irak est nécessaire, a-t-il estimé, indiquant que l'armée turque a déjà lancé plusieurs offensives de grande envergure contre les séparatistes kurdes dans le sud-est de la Turquie. Lundi dernier, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, avait vivement critiqué les dirigeants kurdes irakiens. Il s'en était pris particulièrement au président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, qui aurait affirmé que « si la Turquie intervient sur la question de Kirkouk, alors nous nous mêlerons du problème de Diyarbakir et d'autres villes en Turquie ». « Barzani a dépassé les limites », a estimé M. Erdogan. Face au risque de nouveau conflit, même localisé, le Premier ministre irakien Nouri al Maliki a tenté mercredi d'apaiser la situation, affirmant que la politique étrangère irakienne relevait du gouvernement central de Bagdad. « Le coeur de la politique étrangère irakienne réside dans l'engagement en faveur de l'établissement des meilleures relations possibles avec nos voisins, dans la non-ingérence dans leurs affaires intérieures et le fait de ne pas leur permettre de s'immiscer dans les affaires intérieures irakiennes », a-t-il affirmé.
La crainte des Irakiens serait notamment de compromettre la sérénité des débats lors de la deuxième conférence des pays voisins de l'Irak qui aura lieu le 4 mai à Charm el-Cheikh (Egypte). La première, le 10 mars à Bagdad, a été organisée au niveau des ambassadeurs, sans la participation de l'UE. La deuxième le sera au niveau ministériel et réunira également les voisins de l'Irak, dont la Turquie, et les grandes puissances. A ce stade, il n'est pas encore sûr que l'UE soit invitée à Charm el-Cheikh, alors que la Présidence allemande a exprimé ce souhait à plusieurs reprises. (fb/hb)