Bruxelles, 11/04/2007 (Agence Europe) - Le développement des 30 projets prioritaires dans le cadre des réseaux transeuropéens de transport (RTE-T) est « décevant » et l'allocation des moyens financiers par les Etats membres « fortement inadéquate », déplore la Fédération de l'industrie européenne de la construction (FIEC) dans un rapport publié le 27 mars sur l'état d'avancement de la mise en place des RTE-T. Le rapport fait suite à la communication de la Commission européenne du 21 mars sur ce sujet.
Une étude effectuée annuellement par la FIEC et actualisée en janvier 2007 indique qu'à la fin de 2005, seulement six des quatorze premiers projets prioritaires approuvés lors du Conseil européen d'Essen en1994 ont déjà reçu le financement prévu. De ces six projets, trois sont déjà terminés (la ligne ferroviaire Cork-Dublin-Belfast-Stranraer, l'aéroport de Malpensa ainsi que le pont/tunnel de l'Oresund reliant le Danemark à la Suède), tandis que les travaux pour la réalisation des trois autres sont toujours en cours: la ligne ferroviaire à grande vitesse reliant Paris, Bruxelles Cologne, Amsterdam et Londres ; la ligne ferroviaire de Betuwe reliant Rotterdam à la frontière allemande (deux projets qui, d'après la Commission européenne, seront achevés encore cette année) ainsi que la ligne ferroviaire Londres-Glasgow-Edinburgh.
La FIEC, qui regroupe 33 fédérations nationales en provenance de 28 pays européens (y compris la Croatie et la Turquie), estime aussi que les ressources financières prévues pour les réseaux transeuropéens dans le cadre des perspectives financières 2007-2013 sont « inadéquates ». Sur les 8,013 milliards d'euros réservés pour les projets RTE-T, seuls 5 milliards sont effectivement accessibles « pour la construction physique » des axes de transports, le reste étant consacré à d'autres projets comme Galileo (le programme de navigation par satellite) ou les autoroutes de la mer, déplore la FIEC. La Fédération européenne de l'industrie de la construction pointe aussi du doigt le « manque de volonté politique » des Etats membres, trop peu enclins à cofinancer les projets d'infrastructure de grande envergure.
Selon les estimations de la Commission européenne, des investissements d'un volume global de 160 milliards d'euros seront nécessaires au cours de la période 2007-2013 pour faire avancer les 30 projets prioritaires des réseaux transeuropéens de façon à ce que l'échéance de 2020 pour leur réalisation puisse être maintenue. Toujours selon la Commission, le coût total de la réalisation des 30 projets prioritaires jusqu'en 2020 sera de 280 milliards d'euros. Le coût de l'ensemble des réseaux transeuropéens est estimé par la Commission à 600 milliards d'euros. (aby)