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Bulletin Quotidien Europe N° 9383
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Le Conseil européen de printemps a lancé le triple message attendu

Le message attendu a été lancé. Permettez-moi, pour une fois, de céder quelque peu à la tentation de la rhétorique, en affirmant que les conclusions du Conseil européen de printemps sont positives pour l'Europe et encourageantes pour l'avenir de l'humanité et de la planète. Elles insèrent un peu d'optimisme dans nos regards sur le futur. La tonalité de la plupart des commentaires sera différente, et on peut le comprendre. Le texte approuvé est encore une fois trop long ; la Présidence allemande n'a pas été en mesure de tenir la promesse d'éviter les «conclusions» diluées, qui couvrent aussi des sujets « dont tout le monde sait qu'ils n'ont même pas été évoqués par les chefs d'Etat ou de gouvernement». En fait, le texte approuvé est une fois de plus trop didactique, il explique et commente ce qu'il annonce, et la plupart des media ont tendance à mettre l'accent sur les quelques divergences davantage que sur les éléments positifs: les journalistes font leur métier, et pour certains seule la position de leur pays existe. Le résultat est que la signification du message de ce Sommet n'est pas, à mon avis, suffisamment mise en relief. C'est un triple message:

1. Les bases d'une politique énergétique européenne, avec des engagements, des objectifs contraignants et des procédures, ont été jetées. Il faudra des années pour que tous les aspects soient définis et mis en œuvre, mais le progrès est spectaculaire par rapport à la situation qui prévalait il y a une année à peine. Comparées à ce qui est acquis, les divergences dont on a fait tellement de cas sont mineures. Je ferai état dans un prochain commentaire des éléments qui justifient l'optimisme pour le rôle de l'Europe dans ce domaine.

2. L'Europe, qui a déjà «joué un rôle moteur» dans les premiers pas vers la protection du climat au niveau international, s'est préparée à en faire autant dans les négociations (qui seront lancées à la fin de l'année dans le cadre des Nations unies) en vue d'un accord mondial pour l'après-2012 (expiration de l'Accord de Kyoto). Les mesures ou orientations retenues par le Sommet dans le domaine de l'énergie auront une influence déterminante à ce sujet, et l'Allemagne dispose maintenant des instruments nécessaires pour présider efficacement la réunion de juin du G8, élargi aux nouveaux colosses mondiaux émergents.

3. La stratégie de Lisbonne a commencé à apporter des résultats positifs dans les pays qui ont effectivement introduit, totalement ou partiellement, les réformes prévues. Le Sommet reconnaît que ce processus se déroule «avec plus ou moins de succès selon les Etats membres», et il a eu raison de le souligner car les pays en retard doivent commencer à comprendre que c'est de leur faute s'ils ne progressent pas malgré le soutien communautaire, et malgré la stabilité monétaire et les taux d'intérêt «modérés» garantis par la participation à la zone euro. Chacun doit prendre ses responsabilités.

Modeste contribution. J'ajoute ma modeste contribution au travail de synthèse que les rédacteurs des «conclusions» n'ont pas su accomplir, en citant quelques points noyés dans le texte trop dilué:

l'objectif du nouveau partenariat avec les Etats-Unis ne vise aucunement une zone de libre-échange mais, précise le texte, la convergence des réglementations, une protection plus efficace des droits de propriété intellectuelle, le renforcement de la coopération dans les domaines de l'énergie et de l'environnement ;

la protection des droits de propriété intellectuelle et la lutte contre la contrefaçon et le piratage de produits doivent être intensifiées au niveau international ;

la décision sur la création de l'Institut européen de technologie doit être prise avant la fin de l'année ;

l'amélioration de la réglementation européenne, qui a déjà progressé en 2006, est liée à présent par un objectif chiffré (avec des instruments appropriés de contrôle): les charges administratives découlant de la législation de l'UE doivent être réduites de 25% d'ici 2012. La Commission a obtenu que les Etats membres s'engagent à faire de leur côté un effort national analogue ;

le Conseil prend acte de l'intention de la Commission de prévoir quatre « coordinateurs européens » pour quatre projets dans le secteur énergétique: 1) liaison à grande puissance entre l'Allemagne, la Pologne et la Lituanie ; 2) liaisons avec les parcs d'éoliennes en mer, en Europe septentrionale ;
3) interconnexions électriques entre la France et l'Espagne ; 4) réalisation du gazoduc Nabucco, qui acheminera le gaz naturel de la mer Caspienne jusqu'en Europe centrale (en passant par la Turquie). Ces projets ont été choisis avec soin pour répondre aux préoccupations particulières de certains Etats membres. Le système des coordinateurs européens a déjà fait ses preuves dans la mise en œuvre des projets prioritaires de transport.

(F.R.)

 

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