Bruxelles, 12/02/2007 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE, réunis le 12 février à Bruxelles, ont de nouveau examiné la situation au Soudan et réitéré leurs préoccupations les plus vives concernant la détérioration croissante des conditions de sécurité au Darfour et son incidence sur la situation humanitaire et le respect des droits de l'homme dans cette région où se poursuivent les massacres.
« L'UE condamne fermement le meurtre d'un policier de l'AMIS (mission de l'Union africaine au Soudan) à Kutum le 1er février ainsi que l'arrestation de travailleurs humanitaires internationaux par les forces de police soudanaises à Nyala le 19 janvier, et les mauvais traitements qui leur ont été infligés », précisent les conclusions du Conseil. Le fait qu'une première ONG humanitaire se soit complètement retirée du Darfour pour des raisons de sécurité et que les Nations unies, comme les ONG, aient déclaré le 17 janvier qu'il pourrait leur devenir impossible de poursuivre leur action si la situation actuelle persistait, inquiète le Conseil.
D'où son appel renouvelé à toutes les parties pour qu'elles s'abstiennent de recourir à la violence à l'encontre des civils et des organisations fournissant une aide humanitaire, et qu'elles respectent le cessez-le-feu comme elles s'y sont engagées. Le Conseil condamne « les violations incessantes de ce cessez-le-feu commises par toutes les parties », et dénonce en particulier « le bombardement par l'aviation soudanaise de zones situées dans le nord du Darfour qui a eu pour effet d'interrompre les préparatifs d'une réunion de dirigeants du Mouvement de libération du Soudan (SLM), alors que le gouvernement soudanais avait auparavant consenti à la tenue de cette réunion ».
Le Conseil rappelle, comme il l'avait fait dans ses conclusions du 22 janvier, qu'aux termes de la résolution 1591 (2005) du Conseil de sécurité des Nations unies, toute personne faisant obstacle au processus de paix sera tenue pour responsable, et les mesures nécessaires seront prises en conséquence.
L'UE se félicite de la création définitive, par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, de la mission d'évaluation de haut niveau au Darfour qui a entamé ses travaux le 9 février. Elle engage instamment le gouvernement soudanais à ne pas empêcher la mission de s'acquitter de sa tâche capitale et à délivrer dès que possible les visas nécessaires.
L'UE se félicite également de l'accord intervenu entre l'Union africaine et les Nations unies sur les détails concernant le module d'appui lourd en faveur de l'AMIS. Elle les encourage à œuvrer de concert pour la mise en œuvre rapide de ce module et à boucler sans tarder les plans pour la création de la force hybride UA/ONU qui a été décidée. L'UE demande instamment au gouvernement soudanais de coopérer pleinement à la préparation et au déploiement de cette force. Elle réaffirme sa détermination à maintenir, dans l'intervalle, son soutien à l'AMIS, et encourage d'autres donateurs à apporter des contributions supplémentaires.
Le Conseil réitère sa préoccupation concernant les effets déstabilisateurs du conflit du Darfour sur l'ensemble de la région, notamment au Tchad et en République centrafricaine. Il dit par ailleurs « sa vive inquiétude face à la détérioration des conditions de sécurité dans le sud du Soudan » et condamne fermement l'attaque menée contre une escorte de la MINUS, qui a coûté la vie à un soldat. Toutes les parties à l'accord de paix global sont instamment priées de « redoubler d'efforts pour appliquer intégralement cet accord ». (an)