Bruxelles, 12/02/2007 (Agence Europe) - Réuni à Essen ce week-end, le G7 s'est montré prudent, préférant viser dans son communiqué le yuan chinois plutôt que le yen japonais. Craignant de provoquer un ajustement brutal, les ministres des Finances des sept pays les plus industrialisés n'ont pas souhaité considérer la monnaie japonaise comme un problème particulier. Alors qu'ils reprochaient à la Banque du Japon de ne pas relever ses taux directeurs malgré la reprise économique, les Européens se sont finalement contentés de la mention habituelle des communiqués du G7, réservant les appels à la vigilance pour la conférence de presse.
Le texte final indique, comme de coutume, que les taux de change doivent « refléter les fondamentaux de l'économie » et que la volatilité excessive est « indésirable ». Il glisse aussi que « le redressement du Japon se confirme et devrait se poursuivre. Nous avons confiance que les implications de cette évolution seront reconnues par les intervenants des marchés et incorporées dans leur analyse de risques ». Face aux journalistes, le Président de la Banque centrale européenne (BCE) a en revanche appelé les investisseurs à la prudence, leur enjoignant de prendre en compte l'embellie de l'économie japonaise et à ne pas systématiquement parier sur une baisse du yen. « Nous voulons que les marchés soient conscients des risques de tout miser sur le même cheval, en particulier sur le marché des changes », a plaidé Jean-Claude Trichet, pour qui « (des paris de ce type) dans les circonstances présentes ne seraient pas, nous semble-t-il, appropriés. Nous souhaitons que les marchés soient conscients des risques qu'ils entraînent ». Cela signifie que « les pays du G7 pensent que les marchés, en particulier les marchés des changes, devraient prendre conscience du risque d'aller trop dans une direction », a de son côté reconnu le ministre japonais des Finances, Koji Omi.
Plus enclin à souligner les risques posés par la monnaie chinoise, le G7 réaffirme le besoin d'une plus grande souplesse du yuan. « Dans les économies émergentes avec de larges excédents des comptes courants, spécialement en Chine, il est souhaitable que leurs taux de change effectifs évoluent de manière à ce que les ajustements nécessaires puissent avoir lieu », souligne ainsi le texte final. Vigilants à l'égard des fonds spéculatifs, les ministres du G7 ont souhaité approfondir la question d'ici la réunion de mai prochain et ont commandé au Forum de stabilité financière un rapport sur ce sujet. (ab)