*** GYÖRGY SZÉLL (sous la dir. de): Corporate Social Responsability in the EU & Japan. Peter Lang (1 Moosstrasse, CH-2542 Pieterlen. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.de ). Collection "Labour, Education & Society", n° 1. 2006, 414 p.. ISBN 3-631-54884-2.
Le concept de responsabilité sociale des entreprises pourrait être défini comme l'intégration, par les entreprises, de préoccupations sociales et environnementales dans leur fonctionnement et leur interaction avec les différentes parties prenantes. Ce concept n'est pas neuf mais il a fait de plus en plus parler de lui au cours des dernières années. Quelle en est la raison ? Peut-être est-ce parce que les "valeurs de l'actionnaire", devenues le slogan de la gouvernance d'entreprise il y a une quinzaine d'années, au moment même que, comme l'explique György Széll, "la justice sociale et les droits du travailleur étaient mis à la poubelle de l'histoire", n'ont pas tenu leurs promesses. Dans ce contexte, "l'outsourcing et la privatisation des biens publics continus, basés sur des idéologies et des pratiques néolibérales" sont, pour l'auteur, "la raison de la nécessité d'introduire le concept et, on l'espère, la pratique de responsabilité sociale des entreprises". Le concept suscite un grand intérêt auprès de la communauté internationale des sociologues et György Széll ne déroge pas à la règle, lui qui, en trente-cinq ans de carrière, s'est souvent intéressé aux questions de démocratie économique et organisationnelle, ainsi qu'à l'autogestion (self management). Cet ouvrage s'inscrit dans le cadre d'un projet de recherche multinational lancé en avril 2004 et qui se poursuit encore cette année au sein du EU Institute in Japan. Les dix-huit contributions qui le composent, de la main d'auteurs européens et japonais, sont tirées d'un atelier qui s'est tenu au Japon du 26 au 27 novembre 2004.
La première partie du livre regroupe des études comparatives. Il existe d'ailleurs toujours de grandes différences entre les modèles de gouvernance européens et japonais, mais les différences ne se limitent pas aux comparaisons entre continents: différents modèles cohabitent à l'échelle européenne, même si le modèle de gouvernance d'inspiration rhénane a influencé de nombreux pays et en premier lieu l'Allemagne, moteur économique de l'Europe. Pour sa part, le modèle japonais, qualifié de "Lean management" ou de "toyotisme", a servi de référence tout autour du globe. Cependant, comme le souligne György Széll, ces modèles sont aujourd'hui mis à mal. Les six contributions de cette partie étudient notamment le rôle des syndicats ou la question de savoir comment les "modèles sociaux d'entreprise" allemands et japonais se sont adaptés différemment aux défis de la mondialisation. Pour sa part, le Pr. Jean-Marc Le Duc - pour qui "le rôle de la grande entreprise (corporation) moderne est central dans le débat public sur la mondialisation et le développement durable" - s'intéresse à la place des travailleurs au sein des comités d'entreprise à travers les cas de Renault-Nissan et d'Arcelor.
Après cette partie transversale, vient un ensemble de contributions traitant plus précisément de la situation au sein de l'Union européenne, laquelle essaie de se positionner en leader dans ce domaine et cherche à construire une position commune en s'appuyant sur les débats cristallisés autour des "Livres verts" sur la responsabilité sociale des entreprises. Cette analyse européenne se fait au travers de cas régionaux ou sectoriels mais aussi de vues plus générales, comme celle de Witold Morawski qui s'intéresse, entre autres, sur le rôle joué par les inégalités structurelles engendrées par la mondialisation dans la formulation de la RSE européenne. La troisième partie du livre porte sur la situation au Japon, un pays qui a bien souvent été précurseur en matière de gouvernance d'entreprise mais qui devra aussi trouver un nouvel équilibre entre tradition et innovation.
Frederik Ronse
*** JULIÁN MESSINA, CLAUDIO MICHELACCI, JARKO TURUNEN, GYLFI ZOEGA (sous la dir. de): Labour Market Adjustments in Europe. Edward Elgar Publishing (Glensanda House, Montpellier Parade, Cheltenham, Glos, GL50 1UA, UK. Tél.: (44-1242) 226934 - fax: 262111 - Courriel: info@e-elgqr.co.uk - Internet: http://www.e-elgar.com ). 2006, 504 p.. ISBN 972-9222-35-5.
Cet ouvrage est le compte-rendu d'une conférence tenue en juin 2004 à la Banque centrale européenne, la cinquième à avoir été dédiée au marché du travail et qui a cherché à évaluer l'impact qu'auraient les institutions sur la performance économique, tant d'un point de vue théorique qu'empirique. Au fil des chapitres, les différents intervenants présentent des analyses micro-économiques visant à jauger les effets produits par les directives et autres changements réglementaires. Ils exploitent ensuite ces données pour proposer des mesures qui, introduites au niveau des institutions, pourraient fortifier les économies européennes, notamment dans un contexte de chocs macro-économiques externes.
Le premier chapitre étudie l'influence des syndicats sur le marché du travail, plus particulièrement la manière dont ils sont susceptibles de pallier aux carences qui y sont observées en proposant, par exemple, des programmes de formation aux chercheurs d'emploi. Le deuxième chapitre est consacré à une étude des cycles salariaux et à la manière dont ceux-ci sont influencés par les prises de décision au niveau politico-institutionnel. Il fait notamment ressortir le fait que la diminution des heures de travail en Europe au cours des trois dernières décennies a contribué négativement au revenu per capita de la zone euro. Les systèmes de pension, préretraite et autres programmes sociaux du même type sont analysés, ce chapitre décrivant comment différentes institutions influent sur la décision de retraite et proposant des politiques économiques qui pourraient augmenter l'utilisation de la main-d'œuvre. Les deux chapitres suivant s'emploient à dégager les effets de la protection du marché du travail sur l'emploi. Pour ce faire, les auteurs exploitent d'abord un changement réglementaire introduit en Italie aux débuts des années 90 qui augmentait le coût du licenciement pour certaines sociétés, afin d'identifier les effets découlant des restrictions de licenciement. Il en résulte que les plus pénalisés par ces dispositions seraient les femmes et que, globalement, ce genre de réglementation débouche sur une hausse du chômage. Ensuite, les auteurs examinent l'impact de ce type de protection sur la rotation du marché de travail. Les deux derniers chapitres concernent la relation entre l'habitation et la mobilité des travailleurs. Le cas néerlandais est étudié en premier lieu, en partant de la supposition que l'achat d'une maison est un facteur négatif pour la mobilité des travailleurs. Il en ressort que le facteur habitation n'est pas une contrainte dans le nord de l'Europe, mais qu'il n'en irait pas de même dans le sud où les jeunes tendent à vivre plus longtemps chez leurs parents. Ce phénomène pourrait être expliqué par l'analyse des contraintes liées au crédit immobilier, les auteurs disséquant, à cet égard, les réformes introduites par le "Crédito bonificado" en vigueur depuis 1998 au Portugal et leurs conséquences sur la décision d'achat d'une nouvelle maison chez les jeunes adultes. Un ouvrage, en conclusion, qui appréhende l'action des institutions sur le terrain.
(NDu)
*** FRITZ BREUSS (sous la dir. de): The Stability and Growth Pact. Experiences and Future Aspects. Springer (P.O. Box 89, 4-6 Sachsenplatz, Vienne. Fax: (43-1) 3302426 - Courriel: books@springer.at - Internet: http://www.springer.com ). Collection "European Community Studies Association of Austria - Österreichischen Gesellschaft für Europaforschung", n° 10. 2007, 261 p.. ISBN 3-211-27964-4.
Cet ouvrage est le prolongement d'une conférence de très haut niveau organisée à Vienne en mars 2005, la plupart des contributions qu'il contient ayant été mises à jour à la lumière des aménagements apportés dans les domaines qui suivirent au Pacte de stabilité et de croissance. Son principal atout est, dès lors, d'ajouter à une évaluation pointue du fonctionnement de la première mouture du Pacte une première appréciation des nouvelles modalités du Pacte, en particulier de ses dispositions visant à prévenir et à corriger les dérapages budgétaires. Rédigé par des sommités en la matière, le livre s'intéresse tour à tour aux aspects juridiques du Pacte (Pr. Jean-Victor Louis, Angelika Hable, Wolfgang Wessels), aux problèmes économiques qui en découlent (Paul van den Noord, André Sapir, Andrew Hughes-Hallett, Ewald Nowotny), à ses bases théoriques (Wilhelm Kohler et Waltraud Schelkle), aux aspects économiques de sa réforme (Marco Buti) et, enfin, à des simulations de modèles théoriques relatifs à ses règles budgétaires (Pr. Fritz Breuss, Werner Roeger, Reinhard Neck et Gottfried Haber). Un travail réservé aux spécialistes, mais qui ravira ceux-ci !
(MT)
*** Sinfo. Government of the Republic of Slovenia, Public Relations and Media Office (Ljubljana. Internet: http: //http://www.uvi.gov.si/eng/slovenia/publications/sinfo ). Janvier 2007, 48 p.. Ce numéro du mensuel qui présente la Slovénie sous ses différentes coutures contient, actualité du 1er janvier dernier oblige, un dossier consacré à l'abandon du tolar au profit de la monnaie unique européenne, le ministre slovène des Finances, Andrej Bajuk, estimant qu'il s'agit du "projet le plus important dans l'histoire de la Slovénie".
(MT)
*** GABRIELE TONDL, IULIA TRAISTARU-SIEDSCHLAG: Regional Growth Cycle Convergence in the European Union. Wirtschafts Universität Wien (39-45 Althanstrasse, A-1090 Vienne. Tél.: (43-1) 313364135 - fax.: 31336758 - Courriel: europafragen@wu-wien.ac.at - Internet: http: //fgr.wu-wien.ac.at/institut/ef/home01de.html). Collection "EI Working Paper", n° 71. 2006, 35 p., 7,20 €.
La politique monétaire européenne a amené des bénéfices et des coûts. Les uns sont l'augmentation du commerce et de la croissance en raison de l'élimination des taux de change, ainsi que la réduction des coûts de transaction ; les autres sont en relation avec la possibilité d'une plus grande volatilité de l'activité économique due à la perte, pour les Etats, des outils stabilisateurs qu'étaient les politiques monétaires et de taux de change. Comme la politique monétaire européenne ne peut agir que contre les chocs économiques communs aux pays et aux régions, les chocs asymétriques sont considérés comme des coûts en termes de volatilité de l'activité. C'est donc de ces chocs asymétriques que dépend la balance entre coûts et bénéfices. La synchronisation des cycles économiques est considérée comme un indicateur de la probabilité de ces chocs: plus les cycles sont synchrones, plus la probabilité de l'occurrence d'un choc est basse. L'objectif de cette étude est, d'une part, d'identifier les déterminants des cycles de croissance régionale dans la zone euro et, d'autre part, d'isoler et expliquer les tendances de la synchronisation de ces mêmes cycles. Pour ce faire, les auteurs ont mis au point un système de quatre équations simultanées pour analyser l'impact de l'intégration commerciale régionale, de la spécialisation et de la volatilité du taux de change en corrélation avec les cycles de croissance régionale dans la zone euro. Ils ont utilisé des données provenant de 208 régions pendant la période 1989-2002.
(NDu)
*** MAXIMILIAN FUCHS, FRANZ MARHOLD: Europäisches Arbeitsrecht. Springer (voir coordonnées supra). Collection " Springers Handbücher der Rechtswissenschaft". 2006, 338 p.. ISBN 3-211-32655-3.
La mondialisation croissante des marchés exerce une influence profonde sur les rapports dans le domaine du travail. Depuis la parution de la première édition de ce livre, les législateurs européens ont, par conséquent, eu à mettre la main à la pâte dans plusieurs aspects du droit du travail, en particulier concernant la participation des travailleurs aux décisions d'entreprise, le domaine où le plus de changements législatifs a été enregistré. Le droit à la libre circulation des travailleurs présente également un nouveau profil, grâce à l'évolution du droit de séjour. Quatre nouvelles lignes directrices contre la discrimination ont aussi vu le jour, nécessitant d'importantes mesures de transposition dans les réglementations du travail des Etats membres. Toutes ces évolutions sont commentées, ainsi que 76 nouveaux arrêts de la Cour de justice.
(CDi)
*** MICHEL HERBILLON: Le Fonds d'ajustement à la mondialisation: pour une Europe sociale plus solidaire, plus concrète et plus proche des salariés. Délégation pour l'Union européenne de l'Assemblée nationale (Boutique de l'Assemblée nationale, 7 rue Aristide Briand, F-75007 Paris. Tél.: (33-1) 40630033 - Internet: http://www.assemblee-nationale.fr ). Collection "Documents d'information", n° 3445. 2006, 66 p., 3,50 €. ISBN 2-11-121623-2.
Dans ce rapport d'information, le député français Michel Herbillon met en lumière l'apport que représente la création du Fonds européen d'ajustement à la mondialisation pour promouvoir l'Europe sociale. Il rappelle aussi la complémentarité de cet instrument de "traitement à chaud" des chocs économiques et sociaux, les effets des délocalisations notamment, avec les objectifs de plus long terme non seulement des Fonds structurels, mais surtout de la Stratégie de Lisbonne qui est, selon l'auteur, "la seule voie d'avenir pour une Europe dynamique et prospère".
(PBo)
*** Processus de Lisbonne: contribution du Conseil économique et social à la préparation du Sommet de printemps 2007. Les éditions des journaux officiels (26 rue Desaix, F-75727 Paris cedex 15. Tél.: (33-1) 40587979 - fax: 45791784 - Courriel: info@journal-officiel.gouv.fr - Internet: http://www.journal-officiel.gouv.fr ). Collection "Avis et Rapports du Conseil Economique et social". 2006, 100 p., 8,50 €. ISBN 2-11-120713-6.
Dans la perspective du Conseil européen de printemps du mois de mars, cette publication rassemble de manière synthétique les éléments concernant le champ de la Stratégie de Lisbonne qui se trouvent dans les avis récents adoptés par le Conseil économique et social français. A la demande du gouvernement, elle présente aussi ses observations sur le projet de "Rapport de suivi 2006 du Programme national de réforme". Dans ce travail centré sur l'appropriation, par la France, de la Stratégie de Lisbonne, le CES présente aussi sa propre analyse des sources du fossé entre les citoyens et les institutions européennes, "afin que les politiques de l'Union, plus cohérentes et pertinentes, puissent être mieux élaborées et partagées, condition nécessaire à une large adhésion des citoyens à la relance du projet européen".
(PBo)