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Bulletin Quotidien Europe N° 9358
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Le Parlement demande un effort d'education et d'incitation pour mieux lutter contre l'obésité

Bruxelles, 02/02/2007 (Agence Europe) - En adoptant, jeudi 1er février à Bruxelles, le rapport de la libérale belge Frédérique Ries, le Parlement européen a réagi au Livre vert sur l'obésité publié en décembre 2005 par la Commission européenne. Le rapport, adopté par 620 voix, contre 24 et 14 abstentions, demande à la Commission européenne de passer rapidement à l'étape suivante, celle d'un Livre blanc contenant des mesures concrètes pour réduire le nombre de personnes en surpoids ou obèses à partir de 2015.

Lors du débat qui a précédé le vote, le rapporteur a rappelé que dans l'Union européenne, 38 % des femmes et 27 % des hommes présentent une surcharge pondérale. Plus grave encore: ce problème de santé touche 14 millions d'enfants et tend à s'aggraver. Aussi le rapport recommande-t-il aux Etats membres de reconnaître officiellement l'obésité comme une maladie chronique pour éviter la stigmatisation des personnes atteintes et leur assurer un accès aux soins de santé nécessaires.

Beaucoup de députés ont estimé que cette maladie découle souvent de conditions sociales précaires. Selon l'expression utilisée par la socialiste française Anne Ferreira, "les riches sont minces". Parmi d'autres députés, elle a déploré que la politique agricole commune (PAC) tende à faire grimper les prix des fruits et légumes et à faire baisser ceux du sucre et des graisses. Aussi le rapport recommande-t-il que la préoccupation sanitaire et nutritionnelle soit prise en compte, de manière transversale, dans toutes les politiques communautaires, de la PAC à l'éducation, en passant par la recherche... Faut-il s'attendre pour autant à des mesures contraignantes à l'échelle de l'Europe ? Pour le conservateur britannique Philip Bushill-Matthews, "ce n'est pas l'UE qui doit décider. La santé est de la compétence des Etats membres et aussi des parents. Nous ne voulons pas d'une Europe-nounou." A l'inverse, la travailliste britannique Linda Mc Avan a plaidé pour un étiquetage obligatoire des huit principaux nutriments (graisses, sucres, fibres, protéines,...) mais cet amendement a été rejeté. Concernant la publicité, elle a remarqué qu'on parlait beaucoup mais qu'on agissait peu. Et elle a suggéré que les graisses sans valeurs nutritionnelles soient supprimées. Mais la plupart des amendements qui visaient à définir des contraintes à ce stade ont été rejetés. Même si les députés demandent une réduction des acides gras, en évoquant l'exemple des mesures prises au Danemark et au Canada, ils soulignent en revanche le risque d'un zèle excessif en matière de prévention, zèle qui pourrait favoriser d'autres maladies comme l'anorexie. Les groupes PPE-DE, ADLE et UEN se sont entendus pour écarter l'idée de contrôles obligatoires des publicités télévisées destinées aux enfants.

Sur ce dernier point, le Commissaire Markos Kyprianou a estimé que la révision récente de la directive Télévision sans frontières réglait suffisamment la question. Il fait confiance à "l'autoréglementation" de l'industrie alimentaire. "Si cela ne marche pas, on pourra toujours réglementer par la suite", a-t-il estimé. Le Commissaire a cependant indiqué que les propositions concrètes à venir combineront autoréglementation volontaire et règles contraignantes. La verte allemande Hiltrud Breyer a reproché à la Commission de ne pas adopter une approche plus contraignante et d'être "beaucoup moins téméraire que dans la lutte contre le tabagisme passif".

Le rapport plaide enfin pour des efforts accrus en matière d'information des consommateurs et surtout d'éducation, car "l'enfance est l'étape de la vie où sont prises une grande partie des habitudes alimentaires", comme le rappelait l'élue française de l'UMP, Françoise Grossetête. Aussi le Parlement demande-t-il aux Etats membres et aux professionnels de la santé de promouvoir les avantages d'une alimentation équilibrée et d'une activité physique régulière. (oj)

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