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Bulletin Quotidien Europe N° 9358
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/environnement/automobile

Réactions mitigées à la proposition de directive révisée sur la qualité des carburants - une solution TROP partielle

Bruxelles, 02/02/2007 (Agence Europe) - La proposition législative de la Commission européenne visant à améliorer la qualité des carburants essence et diesel pour en limiter l'impact sur la santé humaine et le changement climatique (EUROPE n° 9356) suscite des avis divergents, mais globalement circonspects. Pour le groupe des Verts/ALE au Parlement, la directive proposée ne s'attaque pas au cœur du problème - celui de la consommation de carburant par les voitures. A l'opposé, ceux que réjouit la perspective de voir un jour autorisée l'adjonction d'un pourcentage d'éthanol dans l'essence jugent que cela ne suffit pas non plus si tout n'est pas fait pour favoriser l'expansion de ces biocarburants. Les ONG environnementales, pour leur part, sont partiellement satisfaites: elles déplorent que, « sous la pression de l'industrie allemande», la Commission ait choisi de différer la présentation des mesures corollaires, pourtant indispensable, sur la réduction des émissions de CO2 des voitures particulières.

« On alimente l'illusion que la conduite d'un véhicule carburant à l'éthanol limitera de facto les émissions de gaz à effet de serre. Il ne suffit pas de réglementer la qualité des carburants et de remplacer le pétrole par de l'éthanol pour réduire les gaz à effet de serre et faire face au problème des changements climatiques. La politique affichée par la Commission européenne est volontariste dans le discours mais faible dans la portée. Elle ne remet pas en cause nos modes de transports qui privilégient le secteur routier », estime Marie Anne Isler Béguin, Verte française. Outre le fait que la Commission européenne se montre, à son avis, « trop sensible aux arguments des constructeurs automobiles », l'eurodéputée verte insiste sur un autre écueil. «Il est important de souligner que les productions agricoles à des fins énergétiques peuvent remettre en question la notion de sécurité alimentaire. Comme on a pu récemment le vérifier au Mexique, la production de biocarburant a fait grimper les cours du maïs à un niveau très élevé. Le prix de la tortilla, aliment de base des familles mexicaines, a grimpé à un niveau insupportable pour les populations les plus démunies.

Neil Parish, député conservateur britannique, rapporteur pour la question des biocarburants au Parlement, se réjouit que la proposition de directive révisée vise à promouvoir des carburants et des biocarburants plus respectueux de l'environnement, mais considère, que cela ne résout « que la moitié du problème » si l'industrie automobile et les pétroliers ne suivent pas le mouvement. D'où son appel aux constructeurs automobiles et à l'industrie pétrolière pour qu'ils cessent de traîner les pieds et acceptent les biocarburants comme une source d'énergie alternative. D'où également ses critiques envers le gouvernement britannique, à qui il reproche de n'avoir pas fourni aux biocarburants les incitants économiques qui permettraient à l'industrie des biocarburants de se développer au Royaume-Uni.

« Créer un nouveau mélange d'essence qui soit composé de 10% d'éthanol est un bon départ. Mais il faut aussi que les constructeurs produisent des voitures qui fonctionnent aux biocarburants. A l'heure actuelle, de nombreux fabricants n'offrent pas de garanties aux voitures quand les conducteurs utilisent une proportion aussi élevée d'éthanol dans le mélange des carburants ». Plaidant pour que le Royaume-Uni cesse d'importer des biocarburants « de pays où de vastes étendues de forêts sont détruites pour faire de la place à la culture », l'eurodéputé britannique déplore que les incitants à la production de biocarburants ne soient pas suffisants au Royaume-Uni pour que de nombreux agriculteurs prennent le risque de se lancer. « Sans industrie nationale, les efforts de la Commission pourraient avoir pour résultat de causer plus de tort que de bien à l'environnement », avertit Neil Parish .

Pour les ONG environnementales, la Commission a fait « un pas en avant et un pas en arrière » dans la lutte contre les changements climatiques. Dans un communiqué conjoint, Transport et environnement (T&E), BirdLife International et le Bureau européen de l'environnement (BEE) saluent le projet de l'UE d'introduire des objectifs de réduction des émissions de carbone pour les carburants automobiles, mais blâment la Commission d'avoir omis de prévoir un objectif contraignant pour l'efficacité énergétique des carburants, « après l'intervention au plus haut niveau de l'industrie automobile allemande » ( au niveau du gouvernement fédéral: NDLR - EUROPE n°9354). « Nous assistons à une tentative sans scrupule de l'industrie automobile allemande de crier au loup. Prétendre que les constructeurs de grosses voitures auront à mettre la clé sous la porte en causant la perte de milliers d'emplois est absurde. L'approche de l'UE s'est toujours fondée sur une réduction des émissions dans tout le parc automobile pour atteindre un objectif moyen. Le problème, c'est que la plupart des constructeurs automobiles n'ont pas réduit les émissions suffisamment vite, raison pour laquelle une législation est maintenant requise d'urgence », déclare Jos Dings, directeur de T&E. Rappelons que la proposition de la Commission, initialement prévue pour le 24 janvier, est attendue le 7 février prochain, conformément à la décision du Président José Manuel Barroso, annoncée à la presse par Johannes Laitenberger, porte-parole de la Commission. (an)

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